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Créateur : mediosre30 
Date de création : 17.07.2012 à 00h44

Message du créateur :
Une fin de la série différente des points de vue des scénaristes

Cet épisode compte 15 paragraphes

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Je propose une fin de la série différente avant l’ultime épisode 10/22. Un épisode 10/21 bis à insérer à la fin de celui–ci, c'est-à-dire au moment où Mattie Grace vient de sortir depuis peu, d’un coma suite à un accident d’avion et avant que le général Cresswell annonce les nouvelles affectations de Mac et Harm.

 Chapitre 1.

18h47. Appartement de Harmon Rabb Jr. Au nord de Union station, Washington DC.Harm est allongé sur son canapé, une bière à la main, pensif, le visage tourmenté. Sur la petite table à côté, gisent des cadavres d’autres bouteilles, une assiette entamée qui prouve un manque d’appétit évident, un cendrier avec un cigare cubain à moitié fumé, ses clefs de voitures, sa casquette d’officier de l’aéronavale, quelques dossiers du JAG et d’autres objets du quotidien. Et puis, une photo de Mattie avec son meilleur sourire qu’il a pris soin de placer en face de lui pour pouvoir la regarder de temps à autres. Soudain, on frappe à la porte.

 (Illustration musicale: Norah Jones “Don’t know why”)

Harm - Un instant ! (Il se lève et va ouvrir). Mac ! Que se passe-t-il ?

Mac – (Un peu hésitante). Et bien, vous êtes parti tôt cet après-midi, je passais dans le coin et je ne savais pas si vous étiez à Blacksburg ou ici alors au cas où, j’ai tenté le coup…

H – (Regard inquiet). Mais pourquoi ? Quelque chose ne va pas…L’affaire avec Sturgis vous pose un problème ?

M – Rien à voir ! Harm…Je tenais à vous accompagner si vous alliez rendre visite à Mattie. Jennifer m’a dit qu’elle s’était enfin réveillée. C’est une bonne nouvelle, non ?

H – C’est certain. Mais elle en a pour des jours et peut-être des semaines avant de sortir de l’hôpital. Tout ce dont j’ai besoin pour l’instant, c’est de patience et de calme pour la préparer à sa nouvelle vie en fauteuil roulant en espérant qu’un miracle ou une opération pourra la faire remarcher. Cela dit, les chances sont minimes et je ne veux pas lui donner de faux espoirs. Mais Mac ! Je ne veux pas insister mais je vous ai dit, il y a trois jours que ce n’était pas nécessaire de m’accompagner alors, pourquoi faîtes-vous ça ?

M – (Directe). Parce que ! Je sais…Ce n’est pas une réponse qui vous convient mais j’avais aussi besoin de discuter avec vous depuis quelques temps et même si le moment est mal choisi, pouvez-vous me laisser entrer quelques minutes ?

H – Euh oui…bien sur. (Surpris, il fait entrer Mac et referme la porte derrière elle).

M - Vous êtes déjà allé à Blacksburg ou vous y allez ce soir ?

H – Et bien…J’y suis allé cet après-midi, j’ai pu échanger quelques mots avec Mattie, elle a même sourit à mes blagues idiotes. Ensuite le médecin m’a informé qu’elle devait subir une petite intervention complémentaire à l’estomac en début de soirée. Elle devrait se réveiller vers 22 ou 23 heures et je repars dans une heure environ. Je suis venu faire une petite pause ici, prendre une douche et m’allonger un peu. En plus, j’avais oublié mon portefeuille… (Mac, tout en l’écoutant se tourne vers le canapé pour s’y asseoir et découvre la petite table et  les « cadavres » qui l’encombre).

M – (Un peu gênée). Vous avez bu tout ça dans l’après-midi, Harm ? L’alcool n’arrangera pas vos problèmes et en plus, vous vous êtes remis au cigare ? Cela ne vous ressemble pas de vous laisser aller comme ça…(Le visage inquiet).

H – Mais non Mac… (Agacé). Je n’arrivais pas à fermer les yeux, je pensais qu’une bière ou deux m’aiderait à dormir un peu. Et pour le cigare, il date de quelques jours et en fait, je n’en ai pas eu envie plus de quelques minutes. C’était juste pour tuer le temps, comme ça…Je ne savais pas que j’aurais de la visite et je n’ai pas eu le temps de faire du rangement, du ménage. Mais au fait ! Vous vouliez me parler de quelque chose en particulier ou c’est pour faire à nouveau un inventaire de mes défauts ?

M – Non ! Vous n’y êtes pas. (Léger silence et gène à peine dissimulée, elle marche et lui tourne le dos). Pourquoi est-ce toujours si difficile ? Je ne sais pas vraiment par où commencer… Mais permettez-moi simplement de rester avec vous ce soir, cette nuit, peu importe et de vous accompagner voir Mattie. (Elle se reprend). Vous savez, il y a quelques temps de cela, Mattie était venue me voir au JAG et nous avons eu une petite conversation intime à votre sujet… (Elle s’assoit sur le canapé).

H – (Regard interrogateur, il vient s’asseoir à ses côtés). Une conversation intime à mon égard ?

M – Non attendez ! Ne vous méprenez pas. C’était à l’époque où Mattie repartait vivre avec son père et elle s’inquiétait pour vous. Simplement. Elle ne savait pas comment vous réagiriez après son départ. Elle m’avait demandé de prendre soin de vous au cas où vous n’iriez pas bien, si vous vous sentiez triste et je lui en ai fait la promesse. C’est tout ! Et là, avec ce qu’il vient de lui arriver, je crois savoir que c’est le cas, non ? Enfin, si vous le permettez… (Un peu gênée).

H – (Ironique). Je vois. En réalité, quelque part vous venez en mission ? Vous vous sentez redevable…Mais de quoi, je ne comprends pas ?

M – Pas du tout Harm. (Agacée elle se lève et marche en rond dans l’appartement). Même si elle ne me l’avait pas demandé, je souhaite…j’aimerais être à vos côtés en ce moment face à cette situation. Nous nous connaissons depuis neuf ans et nous sommes amis, que je sache ?

(Illustration musicale: Carole King « It’s too late »)

H – Amis ? (Dubitatif). Amis… (Il se lève et se dirige vers le réfrigérateur, sort une bouteille de bière, puis se ravise et la repose à l’intérieur). Voulez-vous un thé, un café ?

M – Un bon café serré m’ira très bien, s’il vous plait.

H – (Tout en réfléchissant à ce qu’il va répondre, il regarde Mac du coin de l’œil, l’esprit interrogatif, il prépare la boisson, et le service) Amis ? Oui et non… (Silence dubitatif). Nous avons été proches au travail, au JAG. Mais après neuf ans je ne sais toujours pas pourquoi il vous reste des reproches ou des rancœurs en ce qui me concerne. Vous savez, ces petites phrases, ces petits sarcasmes quasi quotidiens au sujet de mon caractère ou de ma façon d’être. Peut-être avons-nous une conception différente de l’amitié, vous ne croyez pas ? Je pense qu’un ami…on l’accepte « tel qu’il est » et moi… je n’arrive pas à comprendre pourquoi mais je pense que je vous agace tout simplement. Alors, il ne s’agit plus d’amitié. On travaille ensemble mais, ce n’est plus comme avant. C’est peut-être de ma faute…je ne sais pas…

M – Ces petites phrases, comme vous dîtes, c’est de l’humour. Je sais aussi qu’une fois je vous ai dit des choses horribles…

H – C’est oublié Mac, on ne va pas revenir là-dessus.

M – Je sais bien que je vous taquine souvent, mais tout d’abord, vous en faîtes autant et ce n’est pas méchant. J’en fais autant avec Bud ou d’autres collègues du JAG. Nous avons quelquefois des divergences de vue mais ça concerne le travail. (Désolée). Vous ne m’agacez pas, je vous assure.

H – En tous les cas, vous n’avez jamais raté une occasion de m’en balancer une. Par ailleurs, quand je suis redevenu pilote à plein temps ou après notre promenade en ferry à Sydney ou encore après votre mission au Paraguay avec Webb, vous n’allez pas m’affirmer aujourd’hui que vous me considériez comme un ami ? Vous me l’avez bien fait comprendre…et payer ?

M – Je sais, c’était toujours compliqué, vous et moi. Mais même si vous m’avez fait parfois de la peine, je n’ai jamais pu éprouver de la haine envers vous. Je me suis posé des questions des tas de fois et j’ai même culpabilisé. Je crois pouvoir affirmer que l’on s’appréciait beaucoup mais qu’une barrière nous séparait sans arrêt…

H – (Il se relève du canapé, un peu gêné). Une barrière ? C’est très simple. Nous avons en commun de l’orgueil, de la fierté qui a calmé l’envie de construire quoi que ce soit ensemble. Le JAG nous a réuni et j’ai été très heureux de vous avoir à mes côtés dans les enquêtes et j’en garde beaucoup de très bon souvenirs mais dès que l’on s’affrontait au tribunal, il y avait cette espèce de compétition un peu stupide qui nous tiraillait et aucun de nous deux ne voulait céder, n’est-ce-pas ? Et notre estime l’un pour l’autre en a souffert.

M – C’est vrai. Sans prétention, je pense qu’on a fait du bon travail globalement mais si l’on prend nos bilans de vie personnelle, qu’en reste-t-il ? 

H – (Il sert les cafés, désabusé). Je ne sais pas. Je ne sais pas si cela sert à quelque chose de remuer tout ce passé. Sincèrement Mac, vous devez savoir que je n’ai toujours souhaité que votre bonheur. Peut-être avais-je compris que je n’étais pas capable de vous l’apporter…Je vous gardais à distance en ne vous laissant rien espérer. S’il s’était passé une relation entre nous, nos affectations nous auraient éloignés à cause de la fraternisation…

M – Vous croyez qu’on n’aurait pas pu s’en accommoder ?

H – Peut-être… Mais, le voulait-on vraiment vous et moi ? Prenez l’exemple du bébé que l’on devait faire avant cinq ans. Pourquoi n’est-il pas là ? Parce que ça ne devait pas se faire ou que l’on ne le voulait pas assez « ensemble ». Nous ne sommes pas un couple. Juste des collègues de travail…Et pour vous citer : « Sur le plan physique et émotionnel, c’est impossible… ».

M – (Désemparée). C’est dur. Vous m’en voulez à ce point-là actuellement ? Vous savez très bien pourquoi j’ai très peu de chance d’être enceinte ?

H – Mais bien sur que oui que je le sais, et je ne vous en veux pas une seconde. Je vous ai même proposé des solutions alternatives pour ce bébé en commun mais j’ai vite compris que vous n’en aviez pas envie, que vous aviez d’autre problèmes à résoudre, que je ne faisais plus partie de vos préoccupations, de votre vie... D’autre part, actuellement la situation avec Mattie me ramène au réalisme. Imaginez un instant : « La vie est belle, le printemps, les fleurs, la rosée du matin et puis d’un seul coup, boum ! ». Un drame arrive, un accident…à un enfant dans votre vie... Et là !...Il faut se rendre à l’évidence, rien n’est facile. Gratuit. Et il faut agir, rebondir par rapport à cette situation. D’ailleurs, en parlant de Mattie, il est l’heure et je vais devoir y aller.

M – (Elle se relève du canapé pour le rejoindre). Harm ! Une dernière fois, s’il vous plait Harm, laissez-moi vous accompagner…

H – Bon ! (Il marque un temps d’arrêt, réfléchit). Ok, mais je vous préviens, Mattie est dans un état ou des larmes ne l’aideront pas à avancer, alors si vous sentez que vous ne pouvez pas affronter son regard triste, n’hésitez pas à vous écarter. Je sais que vous êtes très forte mais là, je parle pour elle.

(Illustration musicale: Supertramp « Hide in your shell »)

M – Je saurais me tenir. Mais, une dernière chose. Cela ne vous ennuie pas si je prends le volant ?

H – Non, allez-y ! Ce n’est pas à cause de l’alcool Mac, mais je connais cette route par cœur et ce n’est pas avec joie que je l’emprunte depuis plusieurs jours. En plus, j’ai tellement l’esprit orienté autour de Mattie et de son avenir que ma concentration  au volant n’est pas au top. Je pense par ailleurs, que votre accident a dû vous rendre plus prudente sur la route. (Il se retourne pour s’éloigner du regard de Mac). Mais pardon de vous rappeler ce mauvais souvenir…

M – (Léger sourire). Vous savez Harm, je commence quelquefois à positiver. Je sais, cela vous parait surement incroyable puisque ce n’est pas vraiment dans ma nature mais, de cet accident, j’ai le bon souvenir d’avoir passé la nuit avec vous… (Harm fronce les sourcils et feint l’étonnement). Et votre présence à mes côtés…m’a vraiment touchée. Ce fut une énorme surprise, un cadeau de noël immatériel… (Le visage sérieux). Je ne vous remercierai jamais assez.

H – (Songeur). Quand on y repense…On a été souvent présent, l’un pour l’autre et je ne vous parle pas que de l’eau glacée dont vous m’avez sorti. Aussi, quand vous me disiez, il n’y a pas si longtemps qu’entre nous, ca ne pouvait pas fonctionner…Disons que, ça fonctionnait à notre manière… (Il se reprend). Bon allez ! On se retarde et je veux être là, si possible à son réveil.

M – (Sourire mutin). C’est ça, on parle sérieusement de « nous » et Harmon vire de bord pour changer ? (Elle attrape ses affaires, sourit et suis Harm vers la porte).

H – (Légèrement agacé). Ah non Mac ! Vous n’allez pas recommencer avec vos éternels griefs ? (Il ferme la porte à clef et se dirige vers la voiture avec Mac à ses côté). Et vous croyez qu’on est à nouveau amis ?

M – Mais on n’a jamais cessé de l’être non ? Je sais que ce n’est pas le moment mais… (Elle le retient par le bras et juste avant de sortir de l’immeuble, colle sa tête contre son épaule et l’enlace tout en marchant)…Je suis si heureuse que vous me laissiez vous accompagner. (Ils arrivent en face de la voiture, montent à l’intérieur).

H – Mouais… Vous m’avez dit que j’étais une « cause perdue » alors si vous désirez expérimenter une nouvelle technique de drague, ce n’est peut-être pas le moment et la bonne cible.

M – (Agacée, elle lui met un petit coup de coude). Non ! Espèce de goujat, je viens simplement passer un moment avec vous et Mattie. J’apprécie mes soirées de célibataire. J’ai mon organisation, mais vous savez mon fossile peut se passer de moi et heureusement j’ai eu pas mal de temps dernièrement pour avancer sur mes dossiers. (Elle démarre le moteur et prend la route).

H – Peut-être mais je ne comprends toujours pas comment quelqu’un comme vous avec toutes ces qualités ne soit si seule et…

M – (Elle le coupe agacée). Quoi ? Vous voulez que j’ajoute à nouveau un autre homme dans ma vie ? Un autre mort ou un autre malheureux comme Mic. Et je ne vous parle même pas de « secret compagnon » comme Clayton. Je n’ai pas eu besoin de faire un bilan ou une thérapie pour me rendre compte que je n’ai aimé et que je n’aime vraiment qu’un homme. Un seul. Pour des tas de raison, nous ne sommes pas ensemble mais … (Elle ne regarde pas la route mais fuit le regard de Harm). On ne sait jamais…Il m’arrive encore d’espérer que s’il m’aime vraiment lui aussi, peut-être qu’un jour il sera clair dans son esprit que nous avons un avenir ensemble. Et qu’il me le dira… (Depuis quelques minutes, Harm s’est mis à l’aise, les bras croisés et s’est assoupi)…    

(Ilustration musicale: Crystal Gayle « Don’t it make my brown eyes you”)

 Fin du chapitre. 

 

 

 

 

 

 


mediosre30  (17.07.2012 à 00:54)

Chapitre 2.

 20h42. Greenleaves Road

Après quelques « bavardages » à propos de leurs difficultés à communiquer, Mac a réussi à convaincre Harm de la laisser l’accompagner à Blacksburg afin de rendre visite à Mattie Grace, hospitalisée à la suite d’un accident d’avion d’où elle est miraculeusement sortie vivante bien qu’affectée par de nombreux traumatismes et lésions. Après sa sortie d’un coma il y a quelques jours, Mattie devait en fin d’après-midi, subir une intervention complémentaire à l’estomac. La route laisse le temps à la rêverie, et les souvenirs, forcément reviennent à la surface. Harm dort sur le siège du passager et Mac conduit avec ce visage et ce sourire apaisé que l’on ne lui connaissait plus depuis quelques temps. Elle réfléchit sur cette route tranquille, pas trop fréquentée. Des images reviennent dans son esprit, des flash-back, des souvenirs bons ou moins bons. Quels que soient les circonstances actuelles et la situation plutôt dramatique de Mattie, elle pense qu’un avenir est possible au côté de Harm. « Avec » Harm et Mattie, bien sur. Elle aimerait à cet instant prendre la main d’Harm, libérée de la boite à vitesse mais c’est peut-être trop tôt. « Ne pas se précipiter » pense-t-elle. Arrêter de le provoquer. Après tout, il a peut-être raison. Les vannes, les blagues, ça va un moment mais là, maintenant, il faut savoir se poser. Défier l’impossible en affrontant ce que l’on ressent, sans brusquer les choses, sans s’offenser l’un et l’autre. Harm aussi rêvasse, à moitié endormi, à moitié songeur. Peut-être dans les mêmes flashbacks que Mac ou « avec » Mac. Harm à cet instant n’observe en elle que sa beauté et son charisme. Il repense à toutes ces années de complicité mutuelle. Mais aussi de chamailleries interminables  de deux adultes qui n’auraient pas digéré leurs enfances, leurs adolescences compliquées. Harm aurait tellement envie de lui dire « Je t… ». Mais non, ce n’est pas le moment. Il simule cette somnolence passagère pour, d’un coin de l’œil savourer ce léger sourire. Puis se relève presque brusquement.

 

(Illustration musicale: Bernard Hermann « Theme from Taxi Driver »)

Harm - (Il fait semblant de se réveiller) Ou est-ce qu’on est Sarah ?

Mac – (Etonnée et amusée). Ouh là ! Doucement, on se détend. La route est tranquille. Mais… C’est nouveau cette ‘’Sarah’’ ?

H – (Un peu gêné). Pardon Mac, ça m’a échappé. Je suis un peu dans le cirage mais ça va...

M – Ca ne me dérange pas du tout, surtout venant de toi. (Elle sourit et lui lance un joli regard). Au fait ! J’ai une bouteille d’eau minérale dans mon sac, tu en veux un peu ?

H – (Stupéfait). Ah d’accord ! On est intime maintenant. (Léger silence. Regard et sourire complice). Remarques…c’était un peu stupide de nous tenir à distance. En dehors du JAG, bien sur… (Il fouille dans le sac de Mac, trouve la bouteille, prend quelques gorgées et la passe à Mac).

M – Merci ! (Songeuse). Harm ! Je repensais à certains souvenirs que l’on a en commun. Quel est le meilleur, s’il t’est possible d’en choisir un, vu notre ‘’relation’’ de neuf ans.

H – Ouf ! Et bien figures-toi que j’y pensais il y a quelques instants. (Il met un temps pour répondre). C’est peut-être surprenant ou bizarre mais les quelques minutes où nous avons failli dormir ensemble en Afghanistan avant d’être bombardés sur les collines semblent inoubliables pour moi. Cette belle nuit étoilée lorsque je t’ai demandé « d’écouter le silence ». Tu sais que je ne te considère pas comme une sœur et cela peut paraitre idiot mais je t’avais dans mes bras, j’ai ressenti cette fois là, plus que de la complicité de travail, en dehors du prétexte de se serrer l’un contre l’autre pour se prémunir du froid et pouvoir dormir correctement…

M – (Elle sourit de manière coquine)… Ahhh, c’était donc vraiment un prétexte…

H -  Attends !... Je ne t’ai pas sentie repoussante à ma suggestion de mettre nos chaleurs en commun pour la nuit et j’ai apprécié ce moment où, plus que d’autres, je t’avais à mes côtés. Et en ce qui me concerne c’était bien, même si quelques  minutes après, on a dû déguerpir au risque de se prendre un missile. Et toi ? Tu a un souvenir en particulier ou est-ce que je te donne des cauchemars ?

M – Mais non idiot !…J’ai aimé toutes ces années passées ensemble. Et j’ai détesté les moments où nous étions éloignés. Et ces moments où tu m’as donné de faux espoirs. Par exemple, lors du « Jagathon », j’étais presque sure que le soir, après la course, tu allais m’inviter à diner mais rien n’est sorti de ta bouche. Je voulais qu’on discute. On venait d’être « libérés » de nos conjoints et il me paraissait important d’en parler ensemble. Tu ne va pas nier que tu y es pour beaucoup en ce qui concerne le départ de Mic, non ?

H – Peut-être mais… (Agacé). Tu tiens vraiment à reparler de nos ex ?

M – Il y a prescription, non ? Et puis toi, ne me dit pas que tu regrettes Renée ?

H – Je suis vraiment obligé de répondre à ce questionnaire ? (Mac a ce gentil et joli sourire insistant qui lui fait comprendre qu’il n’a pas le choix et elle opine de la tête). Bon d’accord ! Cela peut paraître dur pour elle mais je n’ai, à aucun moment songé à un avenir durable avec Renée. Alors qu’elle ne me parlait que de ça. De mariage, de vie de couple, pffouhh. En ce qui te concerne, tu avais remarqué que j’avais horreur de Mic et la simple idée qu’il t’avait dans ses bras et que tu avais l’air d’aimer ça me révulse. Ce type débarque, sous pretexte de défendre une affaire, souhaite te mettre en prison et tu es « sous le charme »… 

M – Je te l’avais dit à l’époque, il était gentil avec moi. Tu l’as bien vu, il avait quitté la marine australienne et puis son pays pour se rapprocher de moi et s’engager envers moi. Toi, tu ne l’aurais pas fait, que je sache ?

H – Tu es amnésique ? Ma démission du JAG pour venir te chercher au Paraguay, c’était pour toi une escapade touristique de ma part ?

M – (Assez gênée). Euh oui… c’est un peu différent…

H – Avec Jordan, tu es la seule femme pour qui j’aurais fait des projets ou changé ma vie, ma carrière. M’engager.

M – Ah bon ? Jordan, je veux bien comprendre parce qu’elle faisait partie de ta vie, que tu avais l’air bien accroché et ça m’énervais assez d’ailleurs… Mais pour moi, à quelle période as-tu pensé changer ta vie ?

(Illustration musicale: Roberta Flack « Feelin’ like makin’ love »)

H – Plus tard. Bien plus tard, mais tu n’étais pas libre. Je n’en reviens toujours pas que l’amiral soit venu « en personne » me proposer de revenir au JAG. Il devait vraiment être dans l’embarras pour agir de la sorte et m’avait laissé quelques heures de réflexion pour me décider. Et j’ai failli refuser. J’étais devenu civil et j’étais prêt à changer des choses dans ma carrière et éventuellement travailler dans un cabinet civil dans le coin.

M – Un cabinet civil ? Mais pourquoi ?

H – Je me doutais ou j’espérais que ta relation avec Webb ne serait pas éternelle. Ainsi, je m’étais imaginé que j’aurais plus de chance de t’avoir si je plaidais dans le civil. Même si on aurait pu croiser le fer dans un tribunal, cela n’aurait pas été pareil que les disputes et la compétition quotidienne au JAG. Mais au moment de choisir, j’ai aussi pensé à Mattie que je venais de rencontrer, à cette nouvelle responsabilité. Et avec une dose de réalisme, je me suis rendu compte que le choix de retourner au JAG s’imposait de lui-même. Sans compter le volume de travail qu’a amené Carolyn avec ses mensonges. Je cherchais aussi quelqu’un pour y voir plus clair dans ma décision. J’ai failli décrocher plus d’une fois le téléphone pour t’appeler sauf que je ne voulais pas tomber sur Webb qui venait de me virer de la CIA. De plus, comment aborder une conversation avec toi qui, avant de quitter le Paraguay m’avais bien fait comprendre qu’on n’avait rien à faire ensemble. La première fois que je t’ai revu après mon départ du JAG, quand tu as débarqué chez moi pour me demander de l’aide sur les dossiers Hymes, j’ai failli te refermer la porte au nez.

M – (Un peu gênée). Ca, je l’avais bien senti…et pourtant je t’avais laissé des messages, je souhaitais que l’on se revoit pour discuter, je voulais savoir comment tu allais…

H – … (Il la coupe). Mais pour faire quoi ? Tu m’avais laissé entendre que tu en avais assez de nos petites discussions. Et quand tu es venue ce jour-là, tu m’as demandé si j’étais en colère contre toi mais… c’était pire que ça. Et puis je me suis calmé. L’amiral est donc passé quelques jours plus tard pour sa proposition de revenir au JAG. Et j’ai choisi de faire le métier que j’aime dans un espace familier et quelques amis. Mattie m’en a voulu un peu de la quitter aussi rapidement après quelques vols de pulvérisation et c’est ce jour là que je lui ai dit que je ne la laisserai pas tomber. En même temps, j’étais content de te revoir, même si je savais qu’il ne pouvait rien se passer puisque Webb était dans ta vie. C’était mieux que vivre comme un reclus. (Il la regarde, lui sourit). Et toi, tu étais contente de me revoir ?

(Illustration musicale: Aretha Franklyn « Until you come back to me »)

M – Bien sur que oui ! Même si cette année là n’a pas été facile en tous points, tu n’étais pas loin de moi. C’est curieux toutes ces choses que tu me racontes. Je me rends compte que l’on a manqué pas mal de discussions. (Intriguée). Ou, tu as vraiment changé et je ne comprends plus rien et…

H – … (Il coupe). Oh ! C’est simple. Mattie, l’accident et tout le temps qu’on a pour la réflexion dans une salle d’attente. On réfléchit, on fait des bilans. Qu’est-ce qui est essentiel ou important et qu’est-ce qui ne l’est pas ?

M – Je vois. J’ai eu ma part…

H – Attends s’il te plait ! Arrêtes-toi un instant dans cette station. (Elle le regarde intriguée). Besoin personnel…désolé mais la bière…

M – C’est d’une élégance …pfffff…

H  - (Il revient dans la voiture après quelques minutes). Tu préfères que je fasse cela dans ta voiture.

M – Je préfère que tu te taises parfois. (Sérieuse). Je pense à ce dont on parlait…

H – Oh nonnnn,  Mac… Allez ! Viens prendre un café au distributeur cinq minutes. Tu veux encore parler de tout ça ?

M – (Elle sort de la voiture et ils continuent de discuter en marchant). Ouiiiiii ! Je ne te laisserai pas te débarrasser de moi avant de m’avoir raconté certaines choses. Pour reprendre ce que l’on disait, il y avait toujours cette « barrière » et, tu le sais, tu l’as senti avec Clay, ce n’était pas vraiment de l’amour, enfin je veux dire, à plein temps. Tu m’as même suggéré de persister avec lui si je l’aimais vraiment.

H – Parce que je voulais comme avec Mic que tu sois heureuse. Simplement heureuse, quels que soient tes choix. Je n’aurais pas la prétention de te guider dans tes désirs d’aventure amoureuse mais avec ton foutu caractère et ton gout pour les « types bizarres », je ne voulais pas que tu te lances dans une aventure de plus, sans lendemain qui t’aurait fait à nouveau souffrir.

M – Pourquoi tu n’a rien dit à l’époque, pourquoi tu m’as regardé et laissé faire ?

H – C’était ta vie, tes choix. De quel droit aurais-je pu intervenir. Tu m’avais laissé entendre que ta vie personnelle ne me regardait en rien, que ce soit pour Mic ou Clayton…

M – La vie change Harm…

H – A qui le dis-tu… (Ils sourient et Mac lui prends le bras en marchant vers la station service).

 21h27. Greenleaves road 824, Mickie’s station. 

Mac et Harm font une pause de quelques minutes dans une station service pour prendre un café. Ils sont tous les deux debout, accoudés à une table haute devant une baie vitrée. Pensif, Harm regarde la route, les voitures. Et Mac a pris le bras de son « ami », le visage serein. Après toutes ces minutes de bavardage, un peu de silence semble leur convenir. Mais, Il faut poursuivre la route et à l’unisson, ils se regardent, se sourient sans un mot et partent rejoindre la voiture. Ils montent, Harm se laisse « piloter » et Blacksburg n’est plus très loin.

(Illustration musicale: The Corrs « What can I do »)

Harm – (En entrant dans Blacksburg, sur un ton agacé). Mac, tu sais où tu vas là ? Habituellement, moi je passe par la gauche. Ce n’est pas la bonne avenue.

Mac – Attends ! Je te signale que je suis venue te voir dans cet hôpital, il y a trois semaines et d’ailleurs, je ne sais même pas si tu t’en rappelles, tu étais dans ta coquille. Comme si c’était important de garder tout ça pour toi alors que je venais te rendre une simple visite ainsi qu’à Mattie. J’étais inquiète pour vous deux et je ne sais même pas si tu m’as remarqué.

H – (Un peu énervé). Mais enfin Mac, qu’est-ce que tu attendais ? Que Mattie se lève comme par miracle de son lit où elle semble clouée pour plusieurs jours et probablement des semaines après ce crash? Il y avait des tubes de partout, on n’était même pas sur qu’elle se réveillerait…Tu voulais quoi ? Un comité d’accueil ou pourquoi pas des fleurs ?

M – (Elle le regarde fâchée et frappe son volant). Je déteste quand tu me parles comme ça. On vient de passer presque trois heures « ensemble », plus ou moins à discuter gentiment et parce qu’il s’agit de la situation de Mattie, tu t’emportes pour un rien. Après tout ce qu’on a vécu ensemble. Je suis là ce soir pour elle mais aussi pour toi ? Et c’est pour te dire que tu n’es pas seul. Te faire comprendre une bonne fois pour toutes que tu peux compter sur moi…

H – (Il la coupe, agacé). Tout ce qu’on a vécu ensemble ? C’était au JAG. Je suis d’accord quand tu dis qu’on a fait souvent du bon travail ensemble, en équipiers mais c’était pour des procès, des enquêtes, pour le JAG. Tu ne va pas me ressortir le refrain de la « petite lune miel qui aurait duré trop longtemps», j’espère. On n’a jamais été un couple, que je sache. Tu m’as dit plus d’une fois que tu me trouvais insupportable, non ? Combien de fois tu m’as traité de « macho », combien de fois tu m’as fait comprendre que je n’étais pas fait pour la vie de couple ?

M – (Un peu triste). C’était comme ça, pour te taquiner. Je ne suis pas parfaite, moi non plus sinon je ne serais peut-être pas si seule dans ma vie…

H – Ta vie privée ne me regarde en rien…Et à ce jour, je n’y suis pour rien.

M – (Elle le coupe). Tu ne changeras donc jamais et je suis sure que tu ne fais ça qu’avec moi, n’est-ce pas. Tu va continuer combien de temps à ne rien vouloir partager de ce que tu ressens ? Sur le coup de la colère, tu veux me faire croire que nous n’avons rien en commun. Tu m’as demandé de venir te parler quand je serais prête à l’époque j’ai quitté Webb et je n’étais pas prête à l’époque. J’avais besoin de reprendre ma liberté, de la distance avec les hommes. Et bien ce soir, je suis là et la situation de Mattie ne change rien. Je ne te demande rien, juste d’accepter une discussion.

(Illustration musicale: The Eagles « I Can’t tell you why »)

H – (Il se calme un peu). Ce n’est pas le moment Mac et je ne suis pas en colère. Je n’ai pas envie de continuer cette conversation mais tu va passer outre, tu es aussi bornée que moi, tu ne lâches jamais rien « marine ». JE SAIS que je te dois beaucoup Sarah. Mais, en Russie ou ailleurs, je t’ai mise en danger pour la recherche de mon père ou pour d’autres raisons et problèmes personnels. Je n’ai pas pris soin de toi ou pas assez et je n’avais pas le droit de t’embarquer dans de telles situations. Et aujourd’hui, avec ce qui est arrivé à Mattie, je n’ai plus envie de t’impliquer dans mes problèmes. Je ne veux pas que tu aies mal à nouveau à cause de moi.

M – Et allez ! On reconstruit la barrière : « Je t’aime bien mais reste à ta place ». (Elle se calme à son tour). Le pire, si tu veux tout savoir, c’est que j’ai apprécié être à tes côtés, en Russie ou ailleurs. Mais toi aussi, tu as été là pour moi quand mon père est décédé, quand Dalton est mort, quand on m’a accusé d’avoir tué mon ex-mari. (Un silence). Ce soir, je pensais que ça te ferais plaisir que je t’accompagne, mais là…je ne sais plus… (Au bord des larmes).

H – Mais bien sur que ça me fait plaisir que tu soies là mais… (Il regarde ailleurs, pose sa main sur celle de Mac et la serre légèrement, laisse passer un silence). Accepte mes excuses Sarah, ça n’est pas facile en ce moment. Je ne suis pas lucide, je n’ai pas l’esprit clair. Tu crains donc toujours autant que je perde tout intérêt envers toi ? (Il serre sa main un peu plus).

M – Mais non… (Elle prend sa main, la colle contre sa joue amoureusement, tout en conduisant de l’autre main). Il faut se calmer tous les deux. Ca va aller Harm, faisons confiance au destin.

 21h57. Elle gare la voiture sur le parking de l’hôpital. Ils descendent. Elle s’accroche à son bras en marchant vers l’entrée. Il freine le pas puis s’arrête, tourne la tête pour la regarder et lui sourit légèrement et caresse sa joue.

 H – Merci d’être là, chère ange gardien…

M – (Elle sourit légèrement aussi). Tais-toi…

 (Illustration musicale: James Taylor « You’ve got a friend »)

 

Fin du chapitre.

 

 

 


mediosre30  (17.07.2012 à 01:10)

Chapitre 3.

 22h03. Mac et Harm viennent d’arriver à l’hopital de Blacksburg rendre visite à Mattie. La route a été longue en discussions et mises à plat des souvenirs, bon ou mauvais. L’estime de l’un pour l’autre, le respect voire les sentiments tempèrent ces joutes verbales. Il y a plus que cela mais c’est encore trop tôt pour se le dire Ils prennent l’ascenseur et rejoignent la chambre de Mattie. Ils croisent rapidement le chirurgien qui vient d’opérer Mattie.

 (Illustration musicale : Erik Satie « Les Gymnopédies »)

Harm – Bonsoir docteur, comment ça s’est passé ?

Chirurgien – Bien. Elle a bien réagit à l’anesthésie et à l’intervention. Elle va se réveiller sous peu. Il n’y avait pas de lésions importantes à l’estomac, on a fait ce qu’il fallait. Mais vous le savez, les problèmes sont ailleurs.

H – Elle est sortie de la salle de réveil ?

C – Pas encore, c’est une question de minutes. (Il se tourne vers Mac). Madame Rabb, cette Mattie Grace est tirée d’affaire pour cette intervention mais vous savez que pour le reste, il faudra de la patience.

Mac – Oui, docteur je comprends. Merci ! Merci pour tout. (Le chirurgien s’éloigne après les salutations d’usage).

H – (Un peu agacé, il tourne son regard à moitié étonné vers Mac). Madame Rabb… Je t’aurais épousé sans le savoir ?

M – (Agacée, elle lui pince le bras). S’il te plait, tais-toi ! Allons l’attendre dans sa chambre quand elle sortira de la salle de réveil. (Mac s’accroche toujours au bras de Harm dans les couloirs et ils se dirigent vers la chambre de Mattie).

H – (Arrivés dans la chambre, il pose son blouson, ses petites affaires). Tu veux quelque chose, un café, une boisson ?

M – Un cappuccino déca si tu trouves ou sinon une eau minérale. Hé ! (Elle  a un regard triste). Revient vite, s’il te plait.

H – Attends. (Elle s’est assise sur une des chaises, il s’approche d’elle, s’accroupit pour être à sa hauteur, prend ses mains dans les siennes en les caressant, la regarde fixement dans les yeux). Tu savais que ce ne serait pas facile, alors s’il te plait, courage. (Il colle sa joue contre la sienne et l’embrasse sur le front,  puis la serre dans ses bras).

M – Ca va, ça va aller, je vais y arriver. (Elle ne peut empêcher une larme de couler que Harm essuie gentiment  d’une caresse de pouce et l’embrasse à nouveau sur le front).

H - Tu es forte Mac. Tu sais te battre alors tu vas tenir le coup, je te connais, enfin je crois. (Un peu surprise par ces mots, elle le regarde se lever et partir sans la quitter des yeux vers la cafétaria).

 22h14. Quelques minutes se passent. Mac attend impatiemment le retour d’Harm et l’arrivée de Mattie. Un peu songeuse, elle repense à l’attente interminable sur ce navire-hôpital lorsque leur ami, Bud Roberts avait perdu sa jambe. Elle repense à Harm, qui ne pouvait contenir ses larmes, son chagrin de voir un collègue, dépassé par un accident de la vie et ses conséquences. Elle ferme les yeux et s’assoupit quelques instants.

22h37. Un infirmier entre en poussant le lit de Mattie qu’il installe en silence mais Mac se réveille à ces moindres bruits.

 (Illustration musicale: Tears for Fears « Woman in chain »)

Mattie – (Reconnaissant Mac, très surprise). Colonel MacKenzie ?

Mac – (Un joli sourire éclaire son visage). Du calme. Ne t’inquiètes-pas Mattie et je ne suis pas dans les bureaux du JAG alors je préférerais Mac ou Sarah, comme tu veux.

Mattie – Harm est là ou papa ?

Mac – Détends-toi s’il te plait. Harm est là, il va revenir d’un instant à l’autre.

Mattie – Mais vous Mac, qu’est-ce-que vous faîtes là ?

Harm – (Il vient d’entrer silencieusement dans la chambre derrière Mac). Mac est là parce qu’elle a souhaité m’accompagner pour te rendre visite ce soir mais, calmes-toi s’il te plait. Tu as besoin de te reposer. (Il donne le cappuccino à Mac et s’assied en face, sur la deuxième chaise à côté du lit de Mattie).

Mattie – Mais… Qu’est-ce qu’il se passe ?

H – Mais rien. Sarah, enfin Mac a souhaité être avec nous, ce soir après cette intervention et voilà ! Sa présence te dérange ?

Mattie – Non, pas du tout mais c’est que je ne m’y attendais pas…

Harm – Tu la connais, je ne vois pas où est le problème ? Reposes-toi s’il te plait, tout va bien. On est là, ne t’inquiètes pas.

Mattie – Non. Ce n’est pas ça, c’est que, vous voir tous les deux ici…c’est... Tu m’as dit que vous étiez amis mais vous voir ensemble ce soir, c’est une bonne surprise.

Mac – (Elle s’est rapproché du lit, prend la main de Mattie) Ne t’inquiètes pas. Reposes-toi, ils vont venir s’occuper de toi. On est là, c’est tout !

H – (Quelques minutes se passent et Harm d’un ton sérieux). Sarah, on va faire un tour dans le parc, si tu veux ?

Mac – (Inquiète par sa voix). Euh oui…

H – On repasse dans un moment Mattie.

23h04. Harm et Mac sont sortis de l’hôpital pour marcher un peu dans les jardins. La nuit est claire. Ce clair de lune illumine les allées bordées d’arbustes odorants et quelques bancs semblent vouloir soulager les « âmes pensives » ou préoccupées. Ils sont silencieux l’un et l’autre. Ils n’ont pas pu s’empêcher de se tenir la main en marchant dans ce parc désert.

 (Illustration musicale: U2 « With or without you »)

Harm – Avant que je rentre dans la chambre, l’infirmier m’a dit qu’ils ont des soins pendant quelques minutes et pour que sa nuit se déroule le mieux possible. Et ça tombe bien, j’avais besoin de te parler. (Il l’entraine à s’asseoir sur un banc).

Mac – (Etonnée). Parler de quoi ?

H – (D’un ton calme). De nous ! Je sais, c’est compliqué mais… (Il la regarde droit dans les yeux). Je pense que je ne ressentirai jamais envers quelqu’un d’autre, les sentiments que j’éprouve pour toi et…

M – (Sourire surpris). Ah ! C’est très flatteur. Cependant ne le répètes jamais à ta prochaine femme sinon, elle pourrait ne pas comprendre…

H – (Sourire agacé). Tu ne peux pas t’empêcher de m’envoyer un missile de temps à autre. (Il se reprend). Seulement, quelle femme aujourd’hui pourrait avoir envie d’une relation avec un homme, qui a dans sa vie la responsabilité d’une jeune fille qui restera peut-être handicapée ?

M – (Désolée, elle prend ses mains dans les siennes). Harm, c’est la vie. C’est comme ça, ce n’est pas de ta faute.

H – Sarah, j’ai fait la promesse à Mattie d’être là dans sa vie, de prendre soin d’elle.  Je ne peux pas et ne veux pas la laisser tomber. Quant à toi, tu es la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie. Mais je ne peux rien te laisser espérer. Je tiens énormément à toi Sarah mais ce serait te mentir que d’envisager un « nous ». Toi, tu as déjà eu une enfance, puis une adolescence difficile. Tu n’aspire pas à des jours sereins, une vie avec quelqu’un, un mari qui te propose une « vie normale » et pas des problèmes comme avec moi ? Je n’ai pas de bonheur à te proposer dans l’immédiat…

M – Doucement ! (Un léger silence permet à Mac de le regarder droit dans les yeux). En dehors de toi et de faire partie de ta vie, je ne vois pas comment je pourrais envisager « une vie normale » comme tu dis.

H – Ca, c’est de la compassion ou bien serais-je considéré comme un plan B ?

M – (Un peu agacée). Tais-toi ! Et accepte le fait qu’un nombre incalculable de personne vivent ensemble en couple, pour le meilleur et pour le pire.

H – Ca s’appelle le mariage, ça ?

M – Quand tu veux, tu comprends vite.

H – Sarah ! Il y a longtemps que je l’ai envisagé avec toi, et seulement avec toi. Mais l’accident de Mattie a bouleversé mes projets. Cependant, je pourrais laisser ma carrière de côté, je peux y réfléchir. Mattie et toi valent la peine que j’appréhende l‘avenir de façon différente… Enfin, c’est ce qui me vient à l’esprit là, maintenant…

M – Quitter la marine pour Mattie, je veux bien, selon ses besoins de santé. Mais pour moi ? Je préfère profiter de l’instant présent. Passer du temps avec toi comme depuis cette après-midi me rend heureuse. Pour les projets, c’est un assez flou mais là… Tu pourrais te laisser aller, quelques secondes… (Elle a ce regard qui laisse Harm sans voix). Et pas de « pas encore »…

H – Doucement « marine »…

 23h28. Ils se rapprochent tous deux pour s’embrasser mais soudain, les deux sonneries des téléphones portables de Mac et Harm indiquent simultanément un envoi de message.

 (Illustration musicale: Phil Collins « In the air tonight »)

H – (Il lit le message) Le général Cresswell  veut nous voir pour une réunion importante demain matin à 10h00. (Etonné).Tu es au courant de quelque chose ?

M – Pas du tout ! Une affaire urgente peut-être… (Regard de braise). Mais tu allais…

H – Oui, je sais. Me laisser embrasser… (Long baiser d’amoureux éperdus). 

Mac – (Après quelques baisers, elle est soudain pensive). Qu’est-ce que tu penses qu’il se passe, Harm ?

Harm – Aucune idée ! J’ai juste un mauvais pressentiment. Et si c’était une nouvelle affectation qui nous séparerait et …

M – (Dépitée). J’y pensais à l’instant, ce serait injuste ! On a mis des années pour…

H – … (Il la coupe). Non ! Arrête, on ne sait rien. Oublions ça pour ce soir, inutile de se torturer l’esprit. Allez ! Debout ! On va voir comment va Mattie. (Il se relève le premier, tire Mac en la relevant de sa position confortable sur ce banc et marque un temps d’arrêt pour l’embrasser. Puis ils se prennent par la main pour se diriger vers l’entrée de l’hôpital). Toujours aussi pesants ces Hamburgers, hein ?

M – Oh ça va, allumette ! (Elle redevient sérieuse). Au fait ! S’il n’y a pas de complication pour Mattie, tu préfère rentrer ce soir ou demain matin ? Je te demande comme ça, je n’ai aucune obligation, je peux veiller sur une chaise ou ailleurs…

H – Si besoin, on te trouvera un lit « madame Rabb ». (Sourire en coin). Sérieusement, je ne sais pas comment elle va mais je pense qu’elle est entre de bonnes mains. J’ai confiance au médecin, responsable du service mais on y va, on verra bien. Cela dit, ne bonne nuit complète de sommeil m’irait très bien chez moi.

M – Je sais, tu as la tête à l’envers et tu as besoin de te remettre les idées en place.

 23h41. Ils entrent dans la chambre, une infirmière est là pour les contrôles d’usage de la nuit. Mattie est légèrement réveillée et aperçoit Mac et Harm.

 Mattie – Vous n’êtes pas rentrés ?

Harm – On voulait passer te saluer avant de repartir, mais on peut rester si tu veux ?

Mattie – Pas la peine, ça va. Je suis fatiguée mais à part du sommeil, je n’ai pas besoin de quoi que ce soit. Toi aussi, tu devrais te reposer avec ta « tronche ».

H – (Ils sourient tous les trois. Harm s’avance et prend la main de Mattie). Allez courage mademoiselle Grace, je reviens demain dès que possible. (Il se lève de la chaise et se dirige doucement vers la porte de la chambre en la regardant).

Mac – (Elle s’est approchée du lit de Mattie, se penche et prend sa main dans la sienne). Allez courage, on pense beaucoup à toi Mattie, tu sais ? En plus, je pense que toi et moi, on ne se connait toujours pas assez suffisamment. Un de ces jours, on pourra se raconter des trucs de filles ?

Mattie – Volontiers, Mac. Mais n’oubliez-pas de penser à vous deux aussi et merci de l’avoir accompagné. (Mac répond par ce très joli sourire amical et se dirige doucement vers la porte avec une petite salutation de la main).

 00h02. Mac et Harm devenus plutôt  « complices », marchent main dans la main  dans les couloirs de l’hôpital vers la sortie puis sur le parking pour rejoindre leur véhicule.

Harm – Je prends le volant pour le retour si tu n’y vois pas d’inconvénient.

Mac – Non, pas du tout. Je commence à bailler un peu mais je te surveille d’un œil. Au fait ! On n’est pas pressé alors n’oublie pas que ce n’est pas un Tom 4.

H – Un ange gardien, je peux l’accepter mais pas une mégère qui contrôle ma façon de conduire un véhicule …

M – Oh non !!! (Ils éclatent de rire doucement, Mac lui met un léger coup de poing sur le bras puis s’accroche à nouveau à celui-ci en collant sa tête contre son épaule). 

 

(Illustration musicale: Crystal Gayle « Don’t it make my brown eyes blue”)

Fin du chapitre.

 

 

 

 


mediosre30  (17.07.2012 à 01:16)

Chapitre 4.

 0h22. Greenleaves road.

Mac et Harm viennent de visiter à Mattie hospitalisée à l’hôpital de Blacksburg. Ils sont temporairement rassurés quant à l’état stationnaire de cette dernière. Elle est loin d’être sortie d’affaire en raison de lésions à la colonne vertébrale et le plus dur reste à venir. Mattie fut agréablement surprise de la présence de Mac accompagnant Harm lors de cette visite. Cependant, Harm et Mac ont profité d’une promenade dans le parc de l’hôpital pour dépasser le stade de la simple amitié. Par ailleurs, ils ont reçu un message du Général Cresswell les convoquant ce matin à 10h00 pour une réunion importante et une « intuition » commune leur fait redouter tous deux une nouvelle affectation qui les séparerait. Pour l’heure, ils viennent d’emprunter le chemin du retour vers Washington. Les kilomètres défilent. Harm scrute Mac du coin de l’œil qui ne s’est pas endormie mais rêvasse devant les paysages nocturnes. Les lumières de la nuit permettent à Harm d’apercevoir un léger sourire apaisé et la beauté de ce visage dont il ne se lasse pas.

 (Illustration musicale: Jackie De Shannon « What the world needs now in love »)

Harm – Tu ne dors pas, apparemment ?

Mac – Non, je n’ai toujours pas de sommeil normal, tu le sais bien. Mais pourquoi, tu voulais me dire quelque chose ?

H – Bah…Rien de très important. (Songeur). J’ai appelé ma mère avant-hier, ça faisait un bout de temps que je n’avais pas pris le temps de lui parler. Elle m’a demandé de tes nouvelles et une fois de plus pourquoi nous ne nous fréquentions pas davantage, pourquoi nous n’étions pas ensemble…

M – (Surprise). Comment ca ? Je ne la connais pas. Tu lui as parlé de moi ?

H – Ca fait un bout de temps. Probablement depuis les neuf ans que nous travaillons ensemble.

M – (Intriguée). Ah bon ! Et que lui disais-tu à mon sujet ?

H – La vérité. Au début, je lui disais que je t’appréciais beaucoup en tant que coéquipière au JAG. D’ailleurs, avec les années elle s’imaginait plein de choses parce qu’elle trouvait « curieux » le fait que je lui parlais de toi à chaque coup de fil ou dans chacune de mes lettres. De nos petites aventures, lors des enquêtes du JAG. La première année, quand je lui ai raconté notre « ballade » avec « Sarah » dans les Appalaches, elle m’a traité de « jeune inconscient » parce que je n’avais pas assez vérifié ce foutu tuyau d’arrivée de carburant et que tu t’es retrouvée avec cette sale blessure à la jambe.

M – J’espère que tu sais que je ne t’en ai jamais voulu. On ne pouvait pas prévoir de rencontrer ces malades de braconniers. Et puis, on s’en est sorti sain et sauf, non ?

H – Tu étais un peu en colère contre moi quand même à l’époque ?

M – (Agacée). Mais pas contre toi Harm. On se connaissait à peine, tu me proposes ce qui devait être une promenade sympathique en avion, et je me retrouve a devoir poignarder ce dingue. Mais il s’agit quand même de la vie de quelqu’un, non ?

H – Il s’agit de légitime défense Mac, même chose pour Sadik Fahd l’an dernier C’était toi ou lui. Et il te menaçait. Tu ne va pas regretter cette ordure quand même ?

M – (Léger silence et gêne). S’il y a un regret, ça concerne l’endométriose et ses conséquences, tu sais très bien pourquoi ?

H – Tu te fais du mal en repensant à ça.

M – (Un silence de réflexion). J’ai consulté, un peu par hasard une psy pour « digérer » tout ça, il n’y a pas très longtemps. Elle m’a remis quelques certitudes en place. Je n’irais pas jusqu'à dire qu’elle m’a redonné espoir concernant ma vie sentimentale « compliquée » mais m’a indiquée différentes directions pour aborder la vie autrement et comment apprendre à positiver si possible.

H – (Dubitatif). Et cela t’a aidé ?

M – Et bien par exemple, ça m’a aidé à trouver la force il y a quelques heures de venir sonner à ta porte et essayer de te convaincre de t’accompagner voir Mattie, malgré ta réticence. J’ai eu la chance que tu soies chez toi et je viens de passer quelques très bonnes heures en ta compagnie. Je te l’ai dit tout à l’heure. Dans l’état actuel des choses, je me contente de ce qui est possible. (Elle lui sourit légèrement). Mais racontes-moi encore ce que tu disais à ta mère à mon sujet, pendant toutes ces années.

(Illustration musicale: Al green « Let’s stay together »)

H – Tu sais, je ne pouvais pas tout lui dire pour ne pas l’inquiéter. Mais elle a compris pendant tout ce temps que tu es la seule amie sur qui je peux compter. Que ce soit à l’époque où il y avait Jordan ou plus tard. Il n’y a qu’à l’époque où j’étais avec Renée qu’elle ne me demandait plus de tes nouvelles. Tout simplement parce qu’une fois, Renée avait provoqué une rencontre, une « opération charme » avec elle que j’avais moyennement apprécié. Par la suite, je l’ai appelé un peu moins souvent pour des tas de raisons. Je ne lui ai pas raconté pourquoi j’avais été « largué » pour un croquemort par Renée (Mac sourit un peu), les missions en Afghanistan et d’autres périodes où ma vie ne valait pas cher pour certains, toujours pour ne pas l’inquiéter. Je ne lui ai même pas dit que j’avais démissionné du JAG, que j’avais effectué des missions pour la CIA. Un peu plus tard, lors d’un coup de fil elle ne comprenait pas les démarches que je faisais pour devenir le tuteur de Mattie, pourquoi j’étais toujours célibataire, enfin ce genre de questions auxquelles je n’avais pas envie de répondre. Donc, je l’ai appelé de moins en moins souvent. Et puis je ne sais pas pourquoi mais avant-hier, j’ai eu envie de prendre de ses nouvelles, comme ça.

M – Et de quoi avez-vous parlé, si ce n’est pas indiscret ?

H – Et bien, un peu de toi, à nouveau, de ton accident il y a quatre mois. Et parce que je lui ai raconté que j’avais passé la nuit de Noël avec toi à l’hôpital, elle s’est à nouveau imaginé un tas de chose. Elle m’a dit qu’actuellement, gérer la situation de Mattie en ta compagnie serait « raisonnable »…Que je devais penser à fonder une vraie famille, enfin ce genre de phrase d’une maman « inquiète »…

M – (Etonnée). Tiens donc ! Et que lui-as-tu répondu ?

H – Que ta compagnie ne résoudrait pas tous les problèmes que Mattie va devoir affronter après ce foutu accident.

M – (Un léger silence se passe, Mac a tourné la tête pour regarder ailleurs et semble un peu attristée par la réponse de Harm). Tu ne me fais donc pas confiance alors ?

H – Sarah, arrêtes avec ces « complexes » concernant ma confiance en toi. Depuis neuf ans, tu t’es rarement comportée comme autre chose que ma meilleure amie et c’est pour cela que j’ai souvent fait appel à toi. Quand j’ai appelé ma mère avant-hier, c’était avant-hier. Tu n’étais pas encore venue provoquer cette situation, et je n‘envisageais à aucun moment d’accepter une aide de qui que ce soit. C’est tout ! Cela n’a rien de personnel contre toi.

M – (Un peu vexée). Une aide de qui que ce soit ? Tu dois bien te douter que je suis venue vers toi pas seulement pour une « aide » ?

H – (Dépité). Mac, laisses-moi un peu de temps. Peut-être que demain, le général nous annoncera une affectation à des milliers de kilomètres l’un et l’autre et…

M – (Agacée)…Et ça t’arrangerais ?

H – (Lassé). Mais bien sur que non ! Mais je préfère imaginer le pire pour être moins déçu au cas où. Je te l’ai dit, tout à l’heure, la situation de Mattie « est » ma première préoccupation et pour le reste j’essaierais d’improviser au mieux.

M – Je comprends. (Léger silence, à nouveau) Mais ne crois-tu pas qu’on pourrait décider de tout cela ensemble ?

H – Mais justement, je ne pense qu’à ça depuis tout à l’heure. En plus, on vient de se rapprocher comme jamais après des mois où l’on se fermait la porte. Parce que je te demande du temps, tu penses qu’il s’agit de basse vengeance mais ce n’est pas ça. C’est juste que cette situation donne à réfléchir…

M – Et tu décides de ne pas décider, une fois de plus… (Un peu énervée, elle tourne la tête vers l’extérieur et se reprend rapidement). Pardon Harmon, tu as raison, prends le temps qu’il te faut…

H – Je dois avouer que si c’est du bon temps comme je viens de passer avec toi depuis quelques heures, ce sera plus facile (Il sourit légèrement).

 01h48. Appartement de Harmon Rabb Jr. Au nord de Union station, Washington DC.

La voiture approche de l’appartement de Harm. Ils descendent sans un mot, pénètrent à l’intérieur. Harm est silencieux quelques secondes se tourne et lui donne un baiser. 

 (Illustration musicale: Prince « Nothing compares to you »)

Harm – Tu veux un pyjama ou tu préfère rentrer chez toi ?

Mac – (Un peu étonnée). Si tu le permets, je vais rester là. Je n’ai pas trop envie de reprendre la voiture maintenant.

H – (Il se dirige vers la salle de bain, sort un grand t-shirt, un peignoir qu’il tend vers Mac). Voilà ce que je t’ai trouvé.

M – (Gênée). Et tu n’as pas une couette pour le canapé, s’il te plait ?

H – Pourquoi, tu ne veux pas essayer le lit ? Tu sais, il est très confortable.

M – (Un grand sourire illumine son visage). Ca ressemble assez à une invite ça ?

H – (Navré). Sarah, tu en pense ce que tu veux et ne commences pas t’imaginer quoi que ce soit, mais je suis vraiment crevé. Je suis désolé…

M – Reconnaissance des faits acceptés. Harm, je plaisante, si tu me prends simplement dans tes bras, j’en serais déjà heureuse, en plus je sais que demain matin on devra présenter un visage un peu plus présentable pour la réunion. Autre chose si tu le permets, gardons notre ballade à Blacksburg pour nous. Enfin pour l’instant.

H – C’est évident, colonel Mackenzie. Allez s’il te plait, prends la salle de bain, je vais consulter rapidement ma messagerie et prendre un verre d’eau. Tu m’as rendu vraiment trop bavard ce soir.

M – Embrasse-moi et essaie de me trouver une brosse à dent, matelot.

Il s’exécute et attend quelques minutes pour prendre la suite dans la salle de bain. Il la rejoint rapidement vers le lit après une douche rapide.

H – (Il soulève la couette et à son grand étonnement). Mais tu es toute nue ?

M – (Coquine). Harm, tu es donc si prude ? Tu affirmais que je n’enlèverais pas le haut devant toi…et qu’un changement de lieu ne change rien à ce que nous sommes…

H – (Harm sourit mais ne peut dissimuler une certaine gêne). Tu m’en veux toujours pour Sydney ? Tu tiens encore à me rappeler ce genre de souvenir…

M – Non. On ne peut pas changer le passé, c’est la soirée des premières et tu devrais en faire autant. (Le regard enjoué). Je crois ne t’avoir jamais senti aussi proche de moi ou alors en treillis, n’est-ce pas ? Mais si ça te gène, je peux m’habiller.

H – Ah ! J’avais oublié ton horrible sens de l’humour. Mais après tout, tu as raison. (Il enlève « tout » en souriant, s’allonge à côté de Mac, la prend dans ses bras allongé sur le dos, la tête sur l’oreiller et la caresse doucement. Il éteint la lumière mais reste pensif. Après quelques minutes, il ne s’endort toujours pas).

M – Calmes-toi Harm, essaie de dormir.

H – Ouiii ! Bonne nuit, chère ange gardien…

M – Bonne nuit « matelot » ! (Elle lui donne un baiser).

H – Au fait ! Il est où ce fameux tatouage ?

M – Non ! Pas maintenant. Dors !... (Elle pose sa tête sur la poitrine d’Harm et ferme les yeux).

 07h32. Harm s’est réveillé le premier. La couette couvre la moitié du dos de Mac, allongée sur le ventre qu’il n’a jamais pu admirer ainsi. Il l’avait surprise une fois dans son bain au Paraguay et se rappelle combien elle est jolie. Cette situation le laisse pensif. Il devrait aller préparer le breakfast, faire couler un thé, un café mais reste immobile à contempler cette personne qu’il aime  et désire depuis tant d’année. Mac se réveille, met quelques secondes à réaliser qu’elle vient de dormir dans le lit de Harm, debout en face d’elle adossé au mur, les bras croisés. Souriant, il vient se pencher doucement pour l’embrasser.

 (Illustration musicale: Quincy Jones « The secret garden »)

Mac – Salut, comment vas-tu ? Tu as pu dormir un peu ?

Harm – (Sourire). Bien ! Je reconnais que dans tes bras, c’était plus qu’agréable. J’ai dormi d’un trait. Tu n’as pas abusé de moi au moins ?

M – Ce n’est pas l’envie qui m’en a manqué mais j’espère obtenir un report de jours ou d’heures. J’ai bien peur de te harceler un peu ces prochains jours.

H – (Sérieux). A condition que l’on ne soit pas séparé par des affectations éloignées.

M – Arrêtes Harm avec ça. Tu veux gâcher ma journée ou tu veux que je te supplie de me préparer mon déjeuner ?... Avec un thé vert s’il te plait… (Sourire mutin).

H – Pardon de ne penser qu’à ça ma puce. J’y vais.

M – (Elle rit). Ma puce ? Ouh là ! Heureusement que j’ai été sage cette nuit…

H – (Confus mais souriant). Désolé, ça m’a échappé. A 10h00, on devra savoir se tenir. Eviter les petites œillades, les sous-entendus, les conversations intimes, tu vois ce que je veux dire. (Ils sourient et s’embrassent). Allez ! Debout toi aussi, la salle de bain est libre, je viens d’en sortir.

M – Merci ! Nous avons deux heures et vingt trois minutes avant la réunion. Dépêchons-nous « chéri ».

H – Pas de problème ! (Il lève les yeux au ciel en se dirigeant vers la cuisine). « Chéri », juste ciel…

07h40. Harm fait un peu de rangement, rempli la bouilloire, prépare des tasses, des couverts, le déjeuner…

Mac – (Elle est dans la salle de bain et s’apprête à entrer dans la douche). Harm ! S’il te plait, peux-tu aller me chercher mon gros sac et mon uniforme dans ma voiture ? Les clefs sont sur le plan de travail. 

H – Je les ai ! Pas de problème, j’y vais tout de suite. (Il sort de l’appartement, descend jusqu’à la voiture de Mac, prend l’uniforme et le sac des « marines », referme le coffre et rentre chez lui mais lorsqu’il ouvre la grille de l’ascenseur...). Jennifer ! (Surpris et un peu gêné, il se reprend). Euh bonjour… que faîtes-vous là ?

Jennifer Coates – (Un peu surprise également). Bonjour capitaine Rabb. Et bien, je pars travailler comme tous les matins… (Léger sourire coquin). Mais ça, c’est l’uniforme du Colonel ou vous avez été incorporé chez les « marines » ?

H – Non ! Pas du tout, c’est bien son uniforme. (Embarrassé). Euh…nous sommes allés ensemble voir Mattie hier et nous sommes rentrés tard dans la nuit. Sarah, enfin je veux dire, le colonel était assez fatiguée et je lui ai proposé de dormir ici et…

J – Ah oui… Oui, bien sur…C’est tout naturel…Mais au fait, comment va Mattie ?

H – Et bien, l’intervention s’est bien passée. Pour le reste, il faut attendre patiemment, vous le savez bien.

J – Demain, c’est mercredi et j’ai prévu de demander mon après-midi au général pour aller la voir.

H – Merci Jennifer. Merci pour tout ce que vous faîtes.

J – Il n’y a pas de problème, ça me fait plaisir. Bon ! Et bien…Bonne journée capitaine… (Elle se tourne et ne peut empêcher un sourire et des yeux coquins).

H – Bonne journée Jennifer ! (Toujours assez gêné ? Il se tourne, ouvre et referme  rapidement la porte de l’appartement).

Mac – (Elle a entendu la porte se refermer et à voix haute) Harm, c’est toi ?

H – (Il souffle un grand coup). Ca y’est Mac, j’ai tout trouvé !

 (Illustration musicale: Marvin Gaye « Let’s get it on »)

M – Merci chéri ! (Elle stoppe le mitigeur, sort de la douche, se sèche rapidement, enfile un peignoir). Tu sais, j’ai tout ce qu’il me faut maintenant, je n’ai pas besoin de repasser par mon appartement et…

H – (Interrogatif, il la regarde sortir de la salle de bain). Etttt ?

M – (Elle termine de se sécher les cheveux en s’avançant doucement vers lui et affiche un joli regard). Et bien, ça veut dire qu’on a un peu de temps devant nous…Il me faut être impérativement au JAG à 09h30, ce n’est qu’à dix minutes de chez toi et nous avons un peu de temps pour nous occuper de nous…

H – (Un léger sourire un peu inquiet). C’est vrai…C’est vrai que je n’ai pas très faim tout de suite et euh…je ne sais pas si toi, tu désires croquer quelque chose… Non ? (Elle fait signe que non, avec la tête et continue de s’approcher, d’une allure féline et lui, de plus en plus décontenancé, essaie de terminer une phrase)…Je pense que pour une fois, on n’est pas obligé de « pointer ». Ce n’est pas très professionnel, je sais… Et je crois que toi et moi avons droit à un peu de détente… Enfin, comme tout le monde mais, au fait, si je comprends bien, tu avais tout prévu et…(Il bredouille encore quelques mots pendant que Mac, se collant à Harm, lui prend le visage à deux mains, se rehausse et lui coupe la parole en l’embrassant avec une fougue que le « matelot » ne lui connaissait pas. A court de respiration, elle redescend tout doucement pour le tirer par la main et ainsi rejoindre le lit).

H – (Le regard faussement innocent) Sarah ! Qu’est-ce que tu fais, là…

M – Mais une femme n’est jamais fatiguée des bonnes choses alors, j’ai voulu reprendre là où nous en étions restés tout à l’heure…

H – J’ai déjà entendu ça quelque part, trésor…

M – Trésor ? Tiens ! Ca, moi aussi, je dû l’entendre quelque part… (Ils s’enlacent sur le lit et s’embrassent tendrement pendant que Mac enlève, un à un les vêtements d’Harm…).

 08h01. Mac et Harm s’apprêtent à faire quelque chose qu’ils n’ont encore jamais fais ensemble. Neuf ans après leur première rencontre, ils se retrouvent dans une situation qu’ils avaient surement espérée sans parvenir à se l’avouer, ou simplement se le dire. Et si…ce n’était qu’un « moment bizarre » de plus…mais cette fois, pour l’éternité...  

 (Illustration musicale: Norah Jones « Sunrise »)

 Fin du chapitre.

 

 

 

 

 

 


mediosre30  (17.07.2012 à 01:24)

Chapitre 5

 08h17. Quartier général du JAG. Falls church, Virginie.

Dans les couloirs, tout le monde se salue au fur et à mesure que chacun arrive sur les lieux. Bud, Sturgis et Coates se dirigent vers le petit mess pour prendre un café.

 (Illustration musicale: The Rolling Stones:”Waiting on a friend”)

Sturgis – Bonjour Bud!

Bud – Bonjour Sturgis!

S – Bud, vous avez vu le colonel ce matin ? L’énoncé du verdict concernant le jeune matelot, vous savez, l’ami des dauphins est à 09h30 et je souhaitais lui parler un moment d’une idée que j’ai eue s’il n’est pas condamné. Je lui ai trouvé un petit job qui correspondra mieux à ses amitiés avec les dauphins, tout en restant dans la marine

Bud – Je n’ai pas vu le colonel mais vous, de votre côté, avez-vous aperçu le Capitaine Rabb ? Vous savez, il travaille avec Vukovic sur l’affaire Ferro. J’ai de nouvelles preuves qui vont modifier la charge contre Ferro et je voulais leur en parler à tous les 2 avant la réunion de 10h00 avec le général Cresswell.

S – (Songeur). Je n’ai pas vu Harm non plus mais je crois savoir qu’il passe une bonne partie de ses nuits avec la jeune Mattie à Blacksburg. (S’adressant à Coates). Et vous quartier-maître, vous ne l’avez pas aperçu par hasard ? Il me semble que vos appartements sont voisins ?

Coates – Non je ne l’ai pas vu mais sa voiture était dans la cour, en bas de l’appartement. J’ai dû sortir de chez moi vers 07h40. (Elle ne peut esquiver un léger sourire).

S – C’est à peu près l’heure où ils arrivent ici l’un ou l’autre. (Dubitatif). C’est un peu curieux tout ça… Qu’est-ce qu’il se passe, il y a quelque chose que l’on devrait savoir quartier-maître ? Je les ai vus il y a quelques jours dans le bureau de Rabb, ils discutaient calmement, enfin apparemment. Le ton était moins haut que certaines fois.

C – (Elle reprend son sérieux). Je vous assure que je ne sais rien de plus que vous. Le capitaine habite effectivement, à deux portes de la mienne mais depuis que Mattie est partie, il y a quelques mois, il n’a aucune raison de venir chez moi sauf que, parfois il débarque pour me demander du sel ou du café quand il oublie de faire ses achats aux heures d’ouverture des magasins.

B – (Légèrement moqueur et rigolard). Et bien, s’il n’avait plus de café, vous croyez qu’il serait allé le boire chez le colonel… (Reprenant son sérieux). Euh, pardon…Ce n’est pas ce que je voulais dire…Enfin...Après tout, leurs vies privées ne me regardent pas… (Coates éclate d’un petit rire qu’elle tente d’étouffer au mieux puis reprend son sérieux rapidement). Cependant, il y a deux semaines le capitaine Rabb a refusé une invitation du colonel pour déjeuner avec nous et je ne sais pas pourquoi. Ils avaient l’air un peu agacés tous les deux, mais sans plus. En même temps, l’accident de la petite Mattie a rendu le Capitaine Rabb taciturne.

S – Vous avez raison Bud, ce ne sont pas nos affaires mais il n’empêche que depuis quatre ans que je suis JAG, j’ai pu constater que leurs relations n’ont pas l’air simples.

C – Comme tous les couples non ?

B – Mais, ce n’est pas un couple, Jennifer ! Ils travaillent ensemble depuis neuf ans, je pense qu’ils sont amis, voila tout. Je les ai vus rire ensemble mais le plus souvent se chamailler. Ceci dit en parlant de couple, entre Harriet et moi, ce n’est pas toujours simple, un peu comme eux, mais au jour d’aujourd’hui, je n’ai aucune raison de changer de femme.

S – Même pour une australienne à la poitrine dénudée ? (Il sourit ainsi que Coates).

B – (Très gêné). Qui vous a raconté ça capitaine ?

C – (Elle se permet de prendre la parole à la place de Sturgis). Tous le monde connait cette histoire, même moi qui n’était pas encore au JAG comme le capitaine Turner, on m’en a parlé. Vous êtes une légende ici. (Elle étouffe un rire).

B - N’empêche qu’Harriet m’en a fait baver pendant des jours et des semaines… 

S – A vos rangs fixes !

Général Cresswell – (Il vient d’apparaître dans la pièce). Repos. Je constate que certains d’entre vous ne sont encore présents. Coates, contactez-les et dites-leurs d’être ponctuels. Ce que j’ai à vous annoncer est important et ensuite, j’ai une journée chargée.

C – A vos ordres, général !

08h44. Appartement du capitaine Rabb. Au nord de Union station, Washington DC.

Mac et Harm sont enlacés dans le lit. L’état de la literie froissée entremêlant leurs corps démontre que ce trop court moment  d’amour a dû être, pour le moins intense.

 (Illustration musicale: Sade Adu « Your love is king »)

Harm – Sarah, je te prie de m’en excuser, je suis le premier à parler après ce délicieux moment et à faire le rabat-joie mais là, il faut y aller.

Mac – Ouiii ! Pas de problème, matelot mais à une condition.

H – Je m’attends au pire. Tu veux que je te prépare tes œufs, ton thé vert, ou autre chose «madame Rabb » ?

M – Ecoute au moins ce que j’ai à te dire espèce de râleur. Je veux juste le thé qu’on préparera ensemble après la douche. Douche que l’on va immédiatement prendre ensemble pour gagner du temps et parce que je n’ai jamais essayé ce petit plaisir auparavant. (Elle se lève rapidement et tire Harm par la main pour essayer de le faire se lever).

H – Excellente idée colonel ! Tu as toujours des surprises comme ça quand tu viens de faire l’amour ?

M – Tais-toi. (Ils se dirigent vers la salle de bain, Mac entre la première dans la cabine de douche et actionne le mitigeur).

H – Commence par l’eau froide, tu es chaude comme la braise !

M – Feu rouge capitaine ! (Elle lui lance un de ses fameux regards noirs mais finit par lui sourire). Et après tu dis que c’est moi qui taquine sans arrêt. (Les messageries des téléphones sonnent simultanément, lui coupant la parole).

(Illustration musicale: ZZ Top « Gimme all your lovin’ »)

H – (Il court chercher son téléphone, lit le message et revient très vite la rejoindre dans la cabine de douche). C’est Jennifer qui nous dit que le général aimerait qu’on se bouge. (Ils s’aspergent l’un après l’autre avec la pomme). Allez ! On va éviter de se mouiller les cheveux, on n’a pas le temps de les sécher. (Baiser rapide et regard complice, il attrape le gel). Tournes-toi, je vais te frotter le dos.

M – Wouaw, on est devenu gentleman ? (Soudain, quand Harm frotte un peu fort le bas de son dos). Aïe ! C’est rien, cette douleur revient de temps en temps mais ça passe vite. Continues, dépêches-toi !

H – (Assez confus). Pardon Sarah !

M – (Autre baiser rapide). Allez, ce n’est rien chéri. Dépêches-toi et frotte même le reste, c’est très agréable et c’est la première fois. Et après, ce sera mon tour.

H – Et bien ! Tu es vraiment surprenante aujourd’hui. (Il termine rapidement et prend la pomme de douche pour rincer Mac). Au fait ! J’ai croisé Jennifer dans le couloir quand je suis descendu chercher tes affaires. Elle a vu ton uniforme et j’ai été obligée de lui dire que tu avais dormi ici cette nuit. (Confus).

M – (Un moment songeuse tout en savonnant Harm à toute vitesse). Et tu penses qu’elle risque d’en parler à quelqu’un ?

H – (Il se laisse faire et se tourne au fur et à mesure du « soin »). Non ! Je ne pense pas. Je crois qu’elle nous aime bien tous les deux. Elle n’a aucun intérêt à nous nuire. Cela dit, en se quittant, son petit sourire en coin m’a mis mal à l’aise.

M – Ah ! Ah ! Le grand Harmon Rabb Jr dans ses petits souliers, je connais ça.

H – Pourquoi dis-tu ça ? (Mac sort de la douche pendant que Harm termine de se rincer).

M – Je t’ai vu une fois en train de flirter dans une décapotable avec une jeunette et quand tu m’as aperçu, tu n’étais pas spécialement à ton aise. Tu faisais l’innocent. C’était très drôle.

H – (Toujours en se dépêchant, ils attrapent leurs brosses à dent, Harm fait le « service » du dentifrice). Mais, à cette époque, tu ne pouvais pas être jalouse, on se connaissait à peine ?

M – (Elle laisse passer un moment pour se rincer et pouvoir répondre calmement). Un peu quand même, je pense. Malgré les batailles au tribunal, je commençais à sentir en toi quelqu’un de bien, de loyal. Presque « l’homme de mes rêves ».

H – Tu n’exagère pas un peu là ? Bon d’accord, j’avais remarqué quelques « regards » ou quelques attentions de ta part, mais ne me dis pas que…

M – Et qu’est-ce que tu en sais ? Tu n’étais pas dans mon esprit pour vérifier. De toutes les façons, on a rarement exprimé ce que l’on ressentait toi et moi. C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’espère ne pas être la « copine d’une nuit ».

(Illustration musicale: Moby « Porcelain »)

H – Maaac ! (Silence un peu pesant. Ils sortent de la salle de bain pour aller commencer à s’habiller, enfiler leurs uniformes). On vient de passer un sacré bon moment et je dis bien sacré… (Dépité, il ne trouve plus les mots). Je t’aime Sarah. Je ne m’imagine pas jouer avec nos sentiments. C’est trop grave pour que tu gâche tout. Mais tu sais qu’on doit partir et qu’il nous faut plus de temps pour parler de ca, Pour moi c’est très sérieux ce qu’il vient de se passer depuis quelques heures.

M – (Elle à ce regard un peu triste vers Harm et ses yeux pétillent un peu en boutonnant sa chemise). Ouiii ! Je le pense aussi. Allez ! Encore, huit minutes. Je mets la bouilloire en marche. (Elle se retourne vers lui, immobile quelques secondes, les bras croisé, le regard un peu mélancolique et susurre). Et moi aussi je t’aime Harmon.

H – Qu’est-ce que tu m’as dit, je n’ai pas compris ? (Il termine de lacer ses chaussures assis sur le lit, se lève et va rejoindre Mac derrière le plan de travail, prend son visage entre ses mains et l’embrasse très tendrement). Avant que tu passes le rouge à lèvres, c’est mieux, sinon nos collègues pourraient remarquer des indices troublants. (Il lui fait un grand sourire façon Harm).

M – (Elle retrouve le sourire).D’accord, mais un dernier baiser avant le thé.

09h10. Elle retrouve le sourire, ils s’embrassent, prennent leurs thé et café, Mac termine son sac que Harm attend pour lui descendre, récupèrent leurs clefs, les petites affaires, sortent, il verrouille, l’ascenseur, chacun sa voiture mais juste avant de partir, un dernier regard complice important pour tous les deux et même un clin d’œil.

09h21. Quartier général du JAG. Falls church, Virginie.

Sturgis remarque de la fenêtre de son bureau que les voitures de Mac et d’Harm arrivent simultanément pour se garer sur le parking. Mac attrape sa valisette et se dirige vers l’entrée feignant d’ignorer Harm qui a fait les mêmes gestes de son côté. Ils vont donc emprunter l’ascenseur ensemble et la porte se ferme…

H – (Ils font semblant de s’ignorer avant la fermeture des portes de l’ascenseur. Puis il se tourne vers elle, la caresse par-dessus son uniforme stricte et parait s’en excuser). Sarah, ne t’inquiète pas, on décidera ensemble, quoiqu’il arrive.

M – Je te laisse ces choix, mais je n’aime pas les promesses pour rien…(Les portes s’ouvrent).

H – Ca n’arrivera pas.

09h26. Mac et Harm entrent dans les couloirs du JAG. Immédiatement, le capitaine Sturgis Turner interpelle le colonel MacKenzie pour un entretien d’avant audience de verdict : « On se verra à l’audience », répètes Mac qui ne souhaite rien négocier, recherchant un café serré. Quant à Harm, il cherche en vain le lieutenant Vukovic. La sentence du  jeune matelot « ami des dauphins » est prononcée à 09h53 et Mac est satisfaite du verdict et des suites suggérées par Turner. Tout le monde se retrouve quelques minutes plus tard à 09h57 dans la salle de réunion en attendant le général et savoir ce qu’il souhaite annoncer de si important à tous. Mais, juste avant, le capitaine Bud Roberts en profite pour faire une démonstration implacable de la culpabilité du quartier-maître Ferro qui le confronte à la défense, « l’équipe de rêve », le lieutenant Vukovic, assisté par le capitaine Rabb. Ses « mentors », Mac et Rabb le félicitent à juste titre. Et enfin, à 10h02 le général Cresswell entre dans la salle pour déclarer qu’il se passe des choses importantes à Washington. Il annonce donc à cet effet, des promotions et affectations nouvelles pour le colonel MacKenzie qui commandera une nouvelle unité à San Diego et pour le capitaine Rabb qui est promu capitaine de vaisseau à Londres en tant que JAG.

Mac – (Dans l’ascenseur). Qu’est-ce qui vient de se passer ?

H – Et bien, ta vie vient d’être bouleversée, Mac…

M – Et pas la tienne « commandant » ?

H – (Dépité). Beaucoup de décisions doivent être prises et je ne parle pas du choix des équipes qui nous accompagneraient.

M – (Attristée, au bord des larmes). Il faut qu’on en parle…

H – On va le faire ! Je veux « qu’on » le fasse Sarah.

 (Illustration musicale: Des’ree « You gotta be »)

 Fin du chapitre.

 

 

 

 


mediosre30  (17.07.2012 à 01:54)

Chapitre 6.

 10h14. Quartier général du JAG. Falls church, Virginie.

Mac et Harm reviennent de la réunion où le général Cresswell leur a annoncé leurs nouvelles affectations tant redoutées pour tous les deux puisque cela signifie leur séparation. Pour Mac, ce sera San Diego et pour Harm, ce sera Londres avec la promotion de capitaine de vaisseau. Tout militaire se réjouirait d’apprendre ce type de nouvelle. Sauf que tous les deux viennent de vivre ce qui été peut-être, les plus belles heures de leurs vies sentimentale. Et maintenant, il s’agit de prendre des décisions car le général ne leur a donné que trois jours pour se préparer à partir pour rejoindre leurs affectations. Ils arrivent dans le bureau de Mac.

 (Illustration musicale: Boz Scaggs « Lowdown »)

Harm – (Ils parlent de son nouveau grade de commandant). Mais ton tour viendra Mac…

Mac – (Elle parle à voix basse). Arrête le tutoiement, je ne veux pas entendre d’allusions sur nous de qui que ce soit et encore moins des bruits de couloir.

H – (Dépité). Qu’est-ce que ça peut faire, dans trois jours on sera séparé de 9600 km de distance, alors ils peuvent bien jaser…

M – 8782km et 10h30 de vol. (Un silence, le visage dépité). Alors tu comptes partir ?

H – (Un peu agacé, il oublie de parler à voix basse). Attends Sarah, je n’ai rien décidé pour l’instant…

Sturgis – (Il surgit soudainement et entre dans le bureau de Mac après avoir frappé). Mac ! Vous auriez un instant pour signer le procès verbal de… (Surpris, il se tourne et s’adresse tout à coup à Harm)…Mais tu appelle le colonel « Sarah », toi ?

H – (Un peu plus agacé, un peu gêné, il baisse la tête). Oui ! Enfin ça ne te regarde pas Sturgis. (Mac sourit légèrement).

S – Il n’y a pas de quoi t’énerver, je sais que vous vous connaissez depuis longtemps et je trouve ça plutôt sympathique. Tu as l’air agité là, qu’est-ce qu’il se passe Harm, tu n’aime pas le pudding ? (Léger sourire. Il s’avance pour donner les papiers à Mac).

H – Parce que tu crois que la vie est facile toi ? C’est vrai que ce n’est pas ton problème mais tu ne t’es pas demandé comment je vais faire avec Mattie ? D’ailleurs, je vais vous laisser, il faut que je l’appelle pour lui annoncer ces « bonnes nouvelles ».

S – Harm, attends ! Je te prie de m’excuser. Je ne pensais pas à ce problème effectivement. Et d’ailleurs j’aurais dû commencer par te féliciter pour ta promotion.

H – Merci Sturgis, ton tour viendra et bonne chance à toi. Je reconnais manquer un peu de patience ce matin. (Il a retrouvé un léger sourire, lui serre la main et sort du bureau en s’adressant à Mac). Je reviens dans un moment…

M – (Elle s’est assise). S’il vous plait Sturgis, fermez la porte et asseyez-vous, si vous avez un instant.

S – (Il ferme la porte, s’assied doucement et la regarde un peu intrigué). Qu’y a-t-il Mac ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

M – Et bien, dans la série des petits secrets que nous devons garder entre vous et moi, sachez que Harm et moi avons une relation un peu plus qu’amicale depuis quinze heures et trente deux minutes. D’ailleurs, si vous vous rappelez, c’est un peu la suite de ces quelques mots qui m’avaient échappé lors d’une discussion que nous avons eu, il y a quelques années. Je connais votre loyauté et je sais que vous garderez ça pour vous. Vous étiez à la réunion ce matin, vous avez entendu les propos du général nous annonçant une nouvelle affectation. Nous ne savons pas encore comment gérer tout cela. Mattie, notre séparation immédiate juste après un début de liaison. Nous avons un peu de mal à garder le navire à flots.

S – (Un peu gêné). Mac, je vous remercie de votre confiance et vous pouvez compter sur ma discrétion. (Il réfléchit). Cependant, si je peux me permettre un tout petit conseil, c’est celui de se parler dans ces cas là et j’ai cru remarquer que dernièrement entre vous, le dialogue était devenu rare ou peut-être que je me trompe ?

M – Et bien, il est vrai que l’accident de Mattie a fait rentrer Harm dans une coquille et depuis hier, beaucoup de choses changent à ce sujet. (Elle sourit légèrement). Il ne parlait plus à personne et l’aller-retour à Blacksburg, les attentes à l’hôpital et la nuit chez lui nous ont donné l’occasion de discuter entre personnes civilisées. Nous avons parlé de beaucoup de nos malentendus et l’on était sur la bonne voie pour des projets, pourquoi pas une vie de couple. Sauf que la surprise des nouvelles affectations de ce matin n’arrive pas à point nommé. Je garde quand même l’espoir que l’on puisse solutionner tout ça.

 (Illustration musicale: Miles Davis « Tutu »)

S – Effectivement ce n’est pas une situation simple. (Il réfléchit un instant). Avec Varèse, on n’a pas exactement ce problème parce que dès le départ, on s’est promis de ne pas se faire de promesses…

M – (Surprise). Vous vous fréquentez toujours ?

S – Oui. Le fait que l’on soit souvent éloignée nous permet de mieux savourer nos retrouvailles. Peut-être que nous ne sommes pas faits pour une vie de couple à plein temps. Ceci dit, cette semaine elle vient de terminer une tournée et elle compte s’installer ici à Washington. Elle cherche un appartement pour elle afin, justement de garder cette indépendance qui nous convient à tous les deux pour l’instant.

M – Mais ça me fait penser que si je vais à San Diego, je peux lui sous-louer le mien.

S – Ah oui ? Très bien, bonne idée. Je lui en parle et si elle est intéressée, je vous contacte rapidement. (Il sourit). Quant à vous, j’espère que votre fameuse «intuition non contrôlée» ne vous fera pas faux bond en ce qui concerne votre situation avec le nouveau « commandant ». Et que vous pourrais contrôler votre séisme permanent…

M – (Elle a un joli sourire). Merci Sturgis, c’est gentil de votre part.

H – (Harm frappe à la porte à ce moment là, entre et referme derrière lui). Tu es encore là Sturgis ?

S – (Sourire). Oui, je parlais d’immobilier avec ta « presque fiancée ». (Mac a un éclat de rire qu’elle étouffe en voyant le visage agacé d’Harm).

H – Oh nooonnn ! Tout à l’heure, tu me dis que l’on garde ça pour nous et la première personne que tu vois tu…

M – (Elle le coupe et elle garde son sourire)… Oui, et bien, tout à l’heure, c’était tout à l’heure, et Sturgis, c’est Sturgis. (Sérieuse et sur un ton assez ferme). J’ai le droit d’avoir mes petits secrets avec lui comme tous les deux vous avez surement les vôtres, de l’école navale à aujourd’hui. (Elle a un regard un peu noir mais un sourire se présente et Harm l’observe sans voix, les mains sur les hanches).

S – (Il se lève et sur un ton moqueur). Bon, moi je m’en vais avant que, l’un et l’autre vous ne sortiez l’artillerie lourde. (Il redevient sérieux). Et encore une fois, bonne chance Harm et vous aussi Mac. (Il ouvre la porte et sort).

Mac et Harm – (En chœur). Merci Sturgis. (Ils se regardent tous les deux, se sourient étonnés par ce chœur à l’unisson).   

M – (Elle lui fait signe de refermer la porte). Alors, racontes qu’est-ce que tu as dis à Mattie, chéri ?

H – (Agacé). Mac, arrête de m’appeler « Chéri » ici. Un jour ça va t’échapper dans les couloirs et on ne sera pas risible, on sera ridicule.

M – (Légèrement agacé). Si tu avais été plus discret, au lieu de t’emporter à mes moindres mots, je ne me serais pas sentie obligé de tout raconter à Sturgis.

H – (Inquiet). Tout raconter à Sturgis ? Mais quoi exactement ? Et pourquoi à lui ?

M – Mais rien de spécial. Que l’on est allé à Blacksburg ensemble, que l’on est rentré tard et que j’ai dormi chez toi parce que j’étais fatigué. Tu me crois assez stupide ou exhibitionniste pour lui parler de la douche ? Et pourquoi à lui, parce que c’est une personne qui ne me trahira pas et que je préfère qu’il apprenne ça, venant  de moi plutôt que d’un quelconque « sale bavard ». Vous étiez amis avant. Tu est capable de garder autant de rancœurs ?

(Illustration musicale: Fleetwood Mac « Dreams »)

H – (Etonné). Ha mais…avec toi depuis hier, je m’attends dorénavant  à des surprises. (Il sourit et regarde par la fenêtre, songeur). Remarque, j’aurais du mal à l’oublier cette douche et le viol juste avant… (Grand sourire, il la regarde).

M – (Souriante mais agacée, une main sur son bureau, l’autre sur sa hanche). Le Viol ? Ah je n’y crois pas. Si l’on avait eu du temps j’aurais préféré de la douceur. En plus tu participais et pour un violé, tu n’as pas l’air traumatisé, n’est-ce pas ?

H – (Il la regarde et son grand sourire disparait en quelques secondes). Ce qu’il y a, c’est que…

M – (Elle aussi ne sourit plus). Oui…Je sais…C’était la première fois entre nous… Et peut-être la dernière… (Elle se tourne vers la fenêtre, croise les bras et ne peut dissimuler la tristesse et l’inquiétude). Ce n’est pas juste.

H – (Navré). Sarah arrête ! Je ne veux croire à ce scénario. J’ai besoin de réfléchir et je t’ai dit qu’on allait en parler ensemble. Mais là, ce n’est pas le moment.

M – (Elle se tourne vers lui). Bonnnn ! D’accord. (Elle se reprend). Et Mattie alors ? Qu’est-ce qu’elle en dit de tout cela ?

H – Je lui ai dit que je ne partirai pas sans elle. On attend toujours la décision du juge pour enfant bien que son père ne conteste pas la garde mais…

M – (Elle le coupe et un joli sourire revient)… Harm, tu es un bon père.

H – Que ce soit à Londres, à San Diego ou ailleurs, elle m’a dit d’y aller et je lui ai répondu que je n’irai nulle part sans elle.

M – (L’œil noir). Ailleurs ? Tu as rencontré quelqu’un que tu vas rejoindre quelque part ?

H – (Agacé). Mais pas du tout, bon sang. J’ai dit « ailleurs » au cas où je trouverais par hasard une affectation proche de San Diego ou si je démissionnais.

M – (Agacée également) Démissionner ? Mais la marine, c’est toute ta vie Harm. Tu l’as déjà fait une fois pour moi. Cela ne t’a pas suffit. Et si ça ne marche pas entre nous, on s’en voudrait le restant de notre vie ?

H – Mais c’est une des options. Bon, attends ! Stop ! On va prendre le temps de parler de tout ça mais j’ai quelques dossiers importants à terminer et je dois voir Bud pour terminer l’affaire Ferro. Je compte partir à Blacksburg avant 16h00 au plus tard. Je ne sais pas si j’aurai le temps de déjeuner.

M – Je m’en occupe. Je passerai au traiteur chinois en bas mais je préfère qu’on ne mange pas dans la cafétéria, je n’ai pas envie de voir qui que ce soit et de répondre aux questions des uns ou des autres. Tu as intérêt à me consacrer quelques minutes parce que depuis ce matin tu n’as rien dans le ventre. (Léger sourire).

H – (Même sourire). La mégère est « revenue » ? (Eclat de rire des deux). Je ferai de mon mieux Sarah. Laisses-moi un peu respirer, je ne suis pas habitué aux « scènes » de couple.

M – (Mutine). Oui mais, même si on n’était pas en couple, tu es habituée à nos petites « discussions amicales »… (Sérieuse). Mais, au fait ! Tu peux me laisser t’accompagner à Blacksburg ou faut-il que je te supplie aujourd’hui ?

H – Comment dire non à un colonel ? Sérieusement, Mattie m’a demandé que l’on « s’accompagne ». Il parait que vous avez des trucs de filles à vous raconter. Mais, qu’est-ce que ça veut dire au fait ?

M – Et bien, c’est clair ! Des trucs de filles. En tous les cas c’est gentil de sa part et tu lui as tout dit pour nous ?

H – Pas les détails mais pour l’essentiel, oui. De toutes les façons, elle l’avait senti. (Ironique). Intuition féminine ? Bon ! J’y vais. Le baiser, tu sais que je ne peux pas à cause des vitres de ton bureau mais… Le cœur y est.

M – Parfois, je te surprends à être gentil. (Sourire).

H – (Intrigué). J’ai déjà entendu ça quelque part. (Mac s’esclaffe, Harm ouvre la porte et en sortant s’arrête quelques secondes pour la regarder puis poursuit son chemin).

 10h44. Sans grande énergie, Mac consulte les dossiers et prépare la liste des personnes qu’elle souhaite emmener dans son équipe à San Diego. Rêveuse, elle a beaucoup de mal à se concentrer dans ses différentes taches. Des petits flashbacks de sa vie défilent et Harm est omniprésent, évidemment dans ces situations, toutes ces années ou ils ont travaillé ensemble. Ces disputes mais aussi ces moments de bonheur avec l’homme  qu’elle aime. Elle se demande : « Est-ce qu’il faut une intervention divine pour changer cet avenir que je n’imagine pas sans Harm ? Pourquoi est-ce toujours le destin qui choisit à notre place ».

(Illustration musicale: U2 « The one »)

10h46. Il y a pas mal de mouvement, en cette matinée dans les bureaux du JAG. Harm est passé par le petit mess prendre rapidement  un café, une barre de céréale. Il presse le pas pour rejoindre Bud qui l’attend dans une des salles de réunion. Ce dernier semble très heureux quand Harm le sollicite pour le seconder à Londres. Comme tous les « machos » qui s’ignorent, il prétend qu’il n’a pas besoin de l’avis de son épouse Harriet et qu’il accepte dès maintenant. Quant au lieutenant Vukovic, avec sa suffisance habituelle, il tente de convaincre Mac, dans son bureau de la prendre dans son équipe de San Diego : « Non ! » répond-t-elle catégoriquement. Ce qui n’empêche pas le jeune lieutenant de se permettre quelques impertinences que Mac parvient à contenir. Néanmoins le jeune avocat est parvenu à énerver assez Mac qui profite des achats du déjeuner avec Harm pour prendre l’air. La matinée se termine et vers 12h30, Harm entre dans le bureau de Mac et n’oublie pas de refermer derrière lui.

 

Harm – Pouah ! Toute cette paperasse… (Inquiet). Mac ! Ca va ? Tu fais une drôle de tête, tu va bien ? Qu’est-ce qu’il se passe ?

M – (Elle parle doucement, soucieuse). Ca va! Ca va aller. Je ne vais pas me plaindre, aujourd’hui tu acceptes de déjeuner avec moi.

H – (Désolé). Ecoute- moi, s’il te plait ! L’autre jour, j’ai refusé parce que je souhaitais un déjeuner en tête à tête. Cela faisait un moment que l’on n’avait pas discuté. Vous aviez prévu autre chose avec Bud. C’est notre ami, je n’allais pas m’imposer et lui demander de partir ? Je ne cherche pas d’excuse mais essaie de me comprendre.

M – C’est certain. Mais tu vois bien qu’à force de ne pas se parler, on finit par ne plus se comprendre.

H – Oui ! Et maintenant, on parle. Et tout ça, grâce à toi. Parce qu’en fait, on va dans le même sens, on dit les mêmes choses. C’est juste une question d’interprétation. Mais bon ! Si on ne fait que parler, ce sera rasoir. (Il sourit).

M – Oui ! Bon ! (Petit sourire)… J’ai donc pris du chinois mais en fait, je n’ai pas très faim. J’ai grignoté au mess tout à l’heure. Prends ce que tu veux, il y a un peu de tout.

H – Ca sent bon. Ca me rappelle qu’une fois tu m’avais proposé de partager tes nouilles chinoises et on s’était un peu mélangé les baguettes dans la boite.

M – Oui, je m’en souviens. On défendait ensemble un déserteur, on ne trouvait pas de stratégie de défense et tu râlais parce que soi-disant, je n’arrêtais pas de finir tes phrases.

H – Oui et toi, tu me reprochais de commencer les tiennes. Mais on a perdu l’affaire.

M – Oui, il se croyait détesté de tout le monde et finalement, il a renoué avec sa mère et sa petite amie juste après le verdict. (Pensive). Et Bud lui venait d’être rapatrié d’Irak avec une jambe en moins…Je pense qu’on avait tous du mal au JAG à croire qu’il surmonterait tout cela.

H – Ca s’appelle le courage. Il s’est battu, il n’a rien lâché. Bravo ! Il est doué notre « élève ».

M – Oui, quand il ne boit des verres avec une ombrelle dedans… (Elle sourit). N’empêche qu’il t’a bien eu, une fois avec le « facteur stress ».

H – Il est très bon, tu le sais. Il est malin et il a toujours fait de l’excellent travail. Au fait, en parlant de « nos enfants qui ne sont pas de nous », tu as des nouvelles de Chloé ?

M – Oui, on s’appelle moins qu’avant et tu comprends qu’à cet âge là, elle préfère économiser son forfait téléphonique au profit des copains ou copines. Mais j’ai quelquefois son père au téléphone qui me rassure. Tu sais, la vie de Chloé a totalement changé par rapport à la période où je l’ai rencontrée. Par contre, elle a gardé le même caractère et ses « bavardages ». (Elle change de ton). Mais…On ne devrait pas discuter de choses plus urgentes plutôt que du passé ? L’heure tourne et…

H – Sarah, je sais. Je n’essaie pas d’éviter ces questions mais on aura plus de temps dans la voiture vers Blacksburg. En plus, tu conduis très bien et je suis plus détendu pour réfléchir.

M – (Souriante). C’est nouveau ces petites gentillesses…

H – (Faussement étonné). Je suis toujours gentil avec toi ! (Elle lui fait un signe « mon œil »).

M – (Sérieuse) Bon ! Je vais devoir m’y remettre et ce qui m’énerve depuis ce matin, c’est que je n’arrive pas à me concentrer sur les dossiers en cours à terminer.

H – Pourtant tu as toujours été plutôt gratte-papier ?

M – (Agacée). Oh ça va ! Tu me l’as déjà dit. Excuse-moi mais je n’ai pas le cœur à plaisanter.

H – Tu ne viens pas de passer un bon moment ? Parce que moi, c’est le cas.

M – Mais bien sur que oui. Allez ! Vas-y, je terminerai plus tôt mais après au fait, on s’organise comment ?

H – J’ai pris un peu d’avance, je pense arriver chez moi vers 15h30. Dès que tu me rejoins, on part. C’est simple, je ne pars pas sans toi. (Sourire).

M – Je ferais au plus vite. (Sourire). Allez ! Baiser virtuel. (Il sourit également, ouvre la porte, marque un instant d’arrêt pour un clin d’œil et sort).

(Illustration musicale: Hall & Oates « Kiss of my list »)

Fin de chapitre.

 

 

 

 


mediosre30  (17.07.2012 à 02:10)

Chapitre 7.

13h25. Après l’annonce du général Cresswell des nouvelles affectations de Mac et Harm, distancés de milliers de kilomètres et donc d’une séparation, la réflexion est difficile pour une décision qui n’est pas facile à prendre. Ils viennent de se rapprocher comme jamais mais le travail va peut-être les éloigner. Cependant, la concentration de Mac dans son travail est bien meilleure cet après-midi. Finalement, ce déjeuner avec Harm lui a redonné du tonus. Mais pour le moral, ce n’est toujours pas le beau fixe. Des questions n’ont toujours pas leurs réponses et les décisions ne sont toujours pas prises. Des flashbacks plus ou moins nostalgiques continuent de traverser son esprit. Elle souhaite positiver en se disant que le destin les a réunis, elle et Harm, alors…Elle partira au plus tard à 15h45 pour rejoindre Harm et partir à Blacksburg, rendre visite à Mattie. Etre avec lui  « en couple » est plus important que tout, même si elle sait que ce n’est que temporaire. 

 

15h33. L’activité dans les bureaux du JAG ne diminue pas et les départs de Mac et Harm ajoutent une certaine agitation. Durant l’après-midi, le lieutenant Vukovic a quitté les bureaux pour une enquête à Paris Island. Jennifer Coates a demandé au général la permission de quitter les services du JAG à ses côtés pour accompagner Mac dans l’équipe de San Diego. Le général n’y voit aucun inconvénient et enchaîne un questionnaire, de manière informelle sur la relation particulière entre Mac et Harm. Mais Jennifer répond vaguement et bien sur, évite de parler de ce qu’elle a vu au petit matin. En croisant Bud dans les couloirs, Mac lui explique qu’elle souhaiterait l’avoir dans son équipe à San Diego. Mais Bud ose à peine lui répondre qu’il préfère partir à Londres avec Harm. Mac, un peu déçue s’en retourne réunir ses quelques affaires pour s’en aller rejoindre Harm.

 15H57. Appartement d’ Harmon Rabb Jr. Au nord de Union station, Washington DC.

On frappe à la porte. Harm se précipite pour aller ouvrir. C’est bien Mac et son joli sourire.

 (Illustration musicale: The Style Councyl “You’re the best thing”)

H – (Sourire). Salut trésor ! Comment vas-tu ?

M – Salut chéri ! (Harm la prend par la main pour la faire entrer, referme la porte derrière elle et l’embrasse). Après cette journée « chargée », je suis contente de trouver une porte ouverte à défaut de trouver la clef qui débloquera cette situation.

H – (Il la prend très fort dans ses bras et l’embrasse très tendrement et lui dit tout bas). Allez, Courage trésor ! 

M – (Elle laisse tomber son pull et son sac sur le sol et c’est elle qui prend son visage à deux mains pour l’embrasser à nouveau). Ca va ! On est « ensemble ». Bon ! Il faut y aller…

H – Je ne sais pas si je vais pouvoir te convaincre de t’asseoir un moment pour prendre un verre mais après, on y va. Une eau minérale ou un café, un thé ?

M – (Elle sourit). Un de tes millésimes « Aqua minérale ». Et toi, qu’est-ce que tu prends, une bière encore ?

H – Non ! Je t’accompagne, j’ai besoin d’avoir l’esprit clair.

M – (Elle regarde autour l’état de l’appartement). Ha, ha ! Je vois que tu as fait un peu de ménage aussi, à part le lit ?

H – Oui…Mais je ne sais pas si je le laisse comme ça… en souvenir. De toutes les façons, si je dois déménager, il faudra bien faire quelque chose.

M – (Sérieuse). Si tu dois déménager ? Tu n’as pas pris de décision ?

H – (Légèrement agacé). Il me semble t’avoir fait comprendre que je voulais prendre cette décision avec toi et je souhaite aussi en parler avec Mattie ce soir.

M – (La voix douce). Pardonne-moi de t’énerver un peu. Il est sur que si l’on commence comme ça, on n’y arrivera pas.

H – (Direct). C’est certain ! (Il se lève). Allez ! Direction Blacksburg.

 16h08. Ils ramassent chacun leurs petites affaires, se dirigent vers la porte. Juste avant qu’Harm ouvre, Mac le retient quelques secondes pour l’embrasser, puis ils sortent et empruntent l’ascenseur. Ils quittent le bâtiment, main dans la main et se dirigent vers le véhicule. A quelques mètres de là, le quartier-maître Jennifer Coates rentre chez elle à pied et elle vient d’apercevoir cette scène de Mac et Harm montant dans le véhicule, s’apprêtant à partir. Elle cherche un endroit pour se cacher. Mac prend la route rapidement et passe dans la rue où marche Jennifer, mais Harm l’a aperçu et surpris, tourne brusquement la tête vers elle,  pour être bien sur de qui il s’agit. Il se retourne vers Mac et lui dit : « C’était Jennifer ». Mac réfléchit puis sourit et lui réponds : « Et alors… ».

(Illustration musicale: Lionel Richie « Penny lover »)

16h32. Greenleaves road

Harm – Mac! Pourquoi tu fonces aussi vite ?

Mac – Je ne sais pas. Tu m’as dis qu’on allait discuter et tu n’as pas ouvert la bouche depuis plus de vingt minutes. Alors j’attends. Et ça m’énerve un peu.

H – Excuse-moi, je réfléchissais. Je pense que toi et moi, nous sommes assez doués pour la rhétorique ou la sémantique dans un tribunal mais assez doués aussi pour ne pas dire ce que l’on ressent, exprimer des sentiments. (Il la regarde, elle reste stoïque. Il réfléchit). Il y a quelques temps, Mattie et moi on a eu une petite conversation. Elle m’a dit que j’étais « nul » parce que je n’avais pas été capable d’exprimer les sentiments que j’éprouve envers toi. Je suppose que ça fait partie des petites « claques » que l’on se prend de la part des enfants qui provoquent une sorte de paralysie. Il y a toujours une part de vérité dans leurs bouches et ça fait un peu mal à entendre parfois. Ma seule réaction a été de lui demander gentiment de s’occuper de ses affaires et elle est repartie dans son coin, dans sa bulle d’adolescente…N’empêche qu’elle va droit au but, elle pose les questions essentielles.

M – Par exemple ?

H – « Qu’est-ce qu’il y a entre vous ? Est-ce que tu l’aimes ? ». Tu vois le genre…

M – (Léger sourire). C’est curieux…J’ai connu aussi ce genre de « claque ». Chloé m’a dit un peu la même chose. Quand Mic est reparti en Australie, après le « non-mariage », un soir, j’ai appelé Chloé et elle m’a fait comprendre que je ne pouvais pas lui mentir au sujet de toi et moi. C’est ce que tu m’as dit une fois : « Le coût de la loyauté », mais là c’est avec des enfants. Mic était arrivé un peu à la séduire à sa façon mais Chloé avait compris qu’entre toi et moi, c’était…

H – …Différent ?

M – …Oui, en quelque sorte. Cette coquine, avec ses huit ans m’avait dit : « Les femmes sentent ces choses là ». En ce qui concerne Mattie, quand elle est venue me voir au JAG pour me demander de « prendre soin de toi », c’était ses mots, je me suis sentie…disons flattée mais je suis restée lucide. Elle venait demander une aide à l’amie de son tuteur mais j’ai ressenti en même temps, une « distance polie » de sa part. J’ai compris qu’elle sentait qu’entre toi et moi, c’était compliqué. C’est la raison pour laquelle hier, quand on attendait son retour de la salle de réveil, j’avais du mal à affronter cette situation. Mais c’est quelqu’un de bien et ses regards m’ont rassuré. Ne pas pouvoir terminer une phrase n’est pas forcément un signe de faiblesse. La vérité est rarement aussi pure.

H – (Il lui prend la main). Lors de ta soirée de fiançailles, tu m’as dit que s’excuser était un signe de faiblesse. Cela dit, à propos de Mattie, tu m’as vraiment fait mal le soir où je suis venu te demander de te porter garante, concernant la décision de la juge pour enfant. Je ne venais pas te parler de nous et toi, tu ne pensais qu’à me culpabiliser, m’envoyer tes rancœurs qui n’avaient rien à voir avec Mattie. Je sais bien qu’après, tu t’es largement investie et rattrapée et je ne te remercierai jamais assez mais ce soir là, j’étais vraiment en colère contre toi. Je n’ai pas dormi et…

M – …J’étais en colère aussi mais pour de mauvaises raisons. Mais pas contre toi. Je voulais qu’on discute un peu et tu es parti en quelques secondes. Tu le sais bien Webb partait, revenait. Parfois il débarquait comme ça et j’étais stressée à cause de cette situation. Je m’en suis voulu pour cette « prise de bec » stupide avec toi. Webb était ingérable, et cette relation superficielle me rendait paranoïaque. Mais ce n’est pas seulement pour ça que je suis venu témoigner au tribunal…

H – (Il réfléchit, regarde ailleurs)… Sauf qu’aujourd’hui, je me fous complètement de Webb. C’est Mattie qui m’importe, pas nos « ex ». Tout ça, c’est du passé.

M – Mais c’est la même chose pour moi.

(Illustration musicale: TheCorrs “Give me a reason”)

H – (Il se tourne pour la regarder). Ah bon ! Qu’est-ce que tu comptes faire depuis San Diego pour Mattie à l’avenir ? Et en quoi te sens-tu impliquée ? Si je n’obtiens pas la garde au cas où. Ce n’est pas à toi qu’on va la confier ? Ce n’est pas à toi de t’en occuper.

M – Et allez ! A nouveau tu t’énerves. (Attristée, elle tente de se calmer). Je ferais ce que tu me demanderas. J’aimerais que Mattie fasse partie de ma vie parce que « tu » fais partie de ma vie maintenant. T’en es-tu rendu compte ? Est-ce que tu l’acceptes ?

H – (Agacé). Mais comment ? Tu ne veux pas que je démissionne, nous avons des nouvelles affectations à des kilomètres l’un et l’autre, j’emmène Mattie à Londres ou peut-être pas et « nous » ? On fait comment pour nous ? Tu veux que l’on attende que je sois à la retraite ?

M – C’est ça. Qu’est-ce qu’une autre dizaine d’année, hein ?

H – Je ne veux pas abandonner ma carrière et tu ne veux pas quitter les « marines », alors ?

M – (Dépitée). Donc nous sommes revenus au point de départ ?

H – Je ne sais pas à l’instant même. Je n’ai pas la réponse. On dit qu’il y a toujours une solution à un problème, mais là, j’ai beau faire le tour de la question… Tu peux très bien te lasser de la situation et…

M – …Non ! Un Harm dans ma vie c’est suffisant pour moi. Tu m’as dis, il y a quelques mois que Mattie ne constituait pas un problème. Et bien, tu m’as convaincu. Quelque soit sa santé, l’important est ce qu’il y a entre « nous », c’est bien ce que tu m’avais dit à la soirée de départ de l’amiral ? Et bien, aujourd’hui, je suis d’accord mais j’aimerais avoir l’avis de Mattie. Savoir ce qu’elle ressent.

H – Pourquoi ? Ce n’est pas son rôle de décider à la place des adultes. Dans l’état où elle est, comment le pourrait-elle ?

M – Je ne veux pas qu’elle culpabilise, vu sa situation, qu’elle se sente comme un « poids », entre nous deux. Je veux qu’elle avance, qu’elle vive « avec » nous.

H – Mais si je pars à Londres, on fera comment pour « nous » ?

M – Mais je ne sais pas. Je ne l’ai pas vraiment envisagé, à vrai dire.

H – Donc, tu ne veux pas que je parte à Londres ?

M – (Agacée). Pas du tout. Je n’ai pas dit ça. Tu décideras au mieux. (Elle se calme). Et je te fais confiance mais j’essaie d’envisager les différentes solutions. Et que ce soit le moins douloureux pour tout le monde. Mais là, aujourd’hui, ce que j’aimerais, c’est qu’avant nos départs, on soit ensemble pour tout. Pour Mattie, pour nous, nos cartons, nos valises…Et puis que l’on puisse se parler calmement.

(Illustration musicale: Basia « Promises »)

H – (Il lève les yeux au ciel). Seigneur ! On arrive à s’entendre, à fusionner. (Sourire). Parce que ça, je comptais te le demander. (Il rit, elle le regarde et rit aussi).

M – (Elle se reprend). Et tu ne pouvais pas le dire avant ? J’avais peur de me retrouver seule avec mes petits cartons, mon petit rouleau adhésif…Remarque, on pourrait demander de l’aide, je ne sais pas… Il te reste bien des copines, Alicia Montez par exemple…tu sais, cette avocate pour qui tu n’aurais jamais « compromis ton intégrité »…

H – Pourquoi tu me parle d’Alicia Montez ?

M – C’est ta dernière conquête en date, non ?

H – Non ! D’ailleurs, cela m’a un peu énervé quand tu t’es enfuie de chez moi comme une voleuse, un soir que tu passais par là. Alicia est certes, très sympathique et séduisante, mais ce soir là, elle s’est enfuit quelques minutes après ton passage, prétextant un rendez-vous urgent. Je ne sais toujours pas pourquoi.

M – Tiens donc !

H – Sarah, depuis hier tu cherche des prétextes pour attiser une jalousie. Je ne suis pas un saint mais pourrais-tu m’expliquer  pourquoi ?

M – (Attristée). Je ne sais pas. Mais, j’ai mis tant de temps à te serrer dans mes bras, à t’avoir pour moi…Ce n’est pas que de la simple possessivité. Et là, tu pars à Londres et déjà j’imagine que tu pourrais rencontrer autre chose qu’une alcoolique jalouse qui comme moi, n’a jamais su rendre un homme heureux. (Des larmes coulent).

H – (Il se rapproche). Sarah, mon trésor, arrête-toi. Gare la voiture, je vais prendre le volant. On va discuter et…Hey ! On est ensemble là…Entre nous, c’est important…

M – (Elle arrête la voiture sur le bas-côté, enlève sa ceinture et sort en pleurant) Excuse- moi, Harm...

H – (Il sort, la rejoint, la prend dans ses bras, la serre très fort). Trésor, ca va aller. Je ne t’ai jamais vu comme ça…

M – (Elle pleure). Attends un peu, je vais me reprendre. Ca va. Ca va aller…

H – Je sais. Je sais que ça va aller. Prends le temps qu’il te faut pour te remettre. Si on ne ressent rien, s’il n’y a plus d’émotion, c’est qu’on est mort ou malade. Je vais te chercher une bouteille d’eau dans le sac.

M – (Elle est adossée sur la voiture, bras croisés, elle se calme). Tu es quelqu’un de bien, Harm. Tu ne mérite pas une femme comme moi… (Elle prend quelques gorgées d’eau et sa respiration).

H – (Il la prend dans ses bras, la serre très fort, l’embrasse et la regarde les yeux dans les yeux longuement). Je t’aime Sarah, pour le meilleur et pour le pire. (Il ouvre la portière, la fait monter, referme, rejoint le siège conducteur et redémarre. Un long silence va calmer Mac).

(Illustration musicale: Bob Marley « Waiting in vain »)

H – On est presque arrivé ma puce. (Il a pris sa main dans la sienne).

M – Ca va Harm. Je vais bien. Tu es là, c’est bien. Je ne veux pas que Mattie me voit comme ça. C’est important. Elle a le droit d’être triste dans son état actuel, mais pas moi.

H – Je ne t’en veux pas Sarah même si, quelquefois tu crois être la seule à pleurer ?

M – Je suis désolé Harm pour cette jalousie stupide, je t’ai repoussé plusieurs fois. C’était normal que tu ais eu des relations avec d’autres femmes, à force d’être repoussé

H – Si tu savais…

M – (Intriguée). Je devrais savoir quoi ?

H – Depuis Renée, il ne s’est pas passé grand-chose.

M – (Etonnée). Depuis Renée ? Ca veut dire quatre ans

H – Tu pourrais te moquer de moi mais je n’ai rencontré personne qui aurait pu effacer la femme de ma vie. Heureusement, Mattie est arrivée et occupait un coin de ma tête. Mais pour le reste, les relations d’adultes je patientais, j’attendais…

M – Qui ? (Elle le regarde avec un œil coquin et met sa tête sur son épaule).

H – Tu recommence à plaisanter, c’est bon signe.

M – (Elle regarde la route). Tu passes par là toi ?

H – Depuis le temps, j’ai appris les raccourcis. Là, on est à six minutes de l’hôpital.

M – Bon je vais me remettre un petit coup de « présentable ».

H – Ne t’inquiètes pas, Mattie t’adore.

M – Ah bon ! Comment le sais-tu ?

H – Intuition masculine. Si elle ne t’aimait pas, elle ne serait jamais venue te voir, il y a quelques mois pour « prendre soin de moi ». Elle est entière et j’avoue que j’aime ce trait de caractère. Elle n’a pas un destin facile parce qu’après avoir souffert dans la tête, c’est maintenant physiquement qu’elle endure ces souffrances.

M – Mais…si elle part à Londres avec toi, elle m’oubliera très vite

H – Tu as vraiment envie de te faire du mal ce soir ? Tu dis n’importe quoi.

M – Ce n’est pas ça, c’est que…

H – Allez ! Arrête de penser au pire. Tu es plus qu’une très bonne amie aujourd’hui. D’une certaine façon, je vais avoir besoin de toi, à distance…Pour surmonter tout cela. Tu voulais t’impliquer, faire partie de ma vie…Dis-toi que c’est fait... (Il sourit et Mac aussi).   

(Illustration musicale: Simply Red “You’ve got it”)

 Fin de chapitre.

 


mediosre30  (17.07.2012 à 02:39)

Chapitre 8

 17h49. Mac et Harm ont appris ce matin leurs nouvelles affectations qui va les éloigner l’un de l’autre. Au moment où ils n’avaient jamais été si proches, cette nouvelle arrive mal. Ils se promettent de gérer au mieux cette situation mais rien n’est facile. La vie continue et ils arrivent à l’hôpital pour rendre visite à Mattie. La voiture garée, ils se rejoignent, n’oublient pas de s’embrasser et se dirigent, main dans la main vers la chambre. Ils entrent, Mattie est réveillée.

 (Illustration musicale: Coldplay « Clocks »)

Mattie : Hey ! Salut ! Vous êtes là. Ce n’était pas un mensonge Harm. Vous êtes venus ensemble, une fois de plus. Mac, c’est gentil d’être venu…

Mac – (Léger sourire). Il ne se souvenait plus de la route…Alors je l’ai accompagné.

H – Pourquoi t’aurais-je menti ? Il va falloir que tu t’ « habitues » à Sarah. Je suis désolé mais elle et moi sommes collés comme un chewing-gum à une semelle. (Il s’approche du lit de Mattie, l’embrasse sur le front et garde une main serrée contre la sienne. Mac va de l’autre côté du lit).

Mattie – Alors, vous avez décidé quoi ?

M – (Elle prend la parole). On veut avoir ton avis, savoir ce que tu souhaiterais, toi…

H – (Il coupe la parole)… Mais je te l’ai dit, je ne t’abandonnerais pas.

Mattie – Vous croyez que c’est à moi de décider ?

H – Pas forcément mais ce n’est pas facile et on voulait ton avis, pas une décision. Si je vais à Londres, c’est une excellente promotion, la suite de ma carrière. Enfin presque la routine. Et l’autre option c’est ma démission et rejoindre Sarah à San Diego. Et « pour changer », on n’est pas d’accord et moi…

Mattie – Qu’est qui vous rapprocherait le plus ?

Mac – On ne sait pas. Je ne veux pas qu’il démissionne parce que la marine c’est toute sa vie.

Mattie – Et Londres, c’est pour combien de temps ?

H – Entre trois et cinq ans, peut-être plus.

Mattie – En fait c’est moi qui vous embête avec cet accident…

M – Ne commences pas à te mettre ça dans la tête Mattie, tu dois savoir que quelque part, tu nous as rapproché, alors dis-toi que tu es notre ange gardien, notre petite fée « Clochette ». On agira au mieux mais j’ai bien peur que tu vas devoir me « supporter » quelques temps.

Mattie – Ce n’est pas difficile de s’entendre avec vous, sauf pour lui. (Regards complice entre Mac et Harm). C’est sur, pour vous deux, ça sera long. Mais vous Mac, vous ne voulez pas qu’il parte…

M – Mais si, enfin je ne vois pas d’autres solutions… mais c’est à lui de décider et…

Mattie – S’il vous plait, ne vous disputez pas. Vous partez quand exactement ?

H – Et bien, dans deux jours. D’ici là, on a plein de chose à faire : terminer des dossiers, préparer les déménagements et…se dire au revoir. (Il baisse la tête, Mac fait le tour du lit pour le rejoindre et l’enlacer par-dessus les épaules).

Mattie – (Elle sourit). C’est vrai que vous êtes mignon, tous les deux.

H – (Troublé, il se reprend). Bon ! Je vais aller voir le chef de service pour savoir s’il peut me dire dans combien de temps on pourra envisager ta sortie ou ton transfert dans un autre hôpital. (Il lâche la main de Mattie et se relève doucement de sa chaise). Mac tu…

M – …Je reste là avec Mattie, ne t’inquiète pas. Vas-y mon chéri. (Après un baiser, Harm sort de la chambre).

Mattie – C’est drôle de le voir avec quelqu’un en amoureux. (Un peu gênée). Il est gentil avec vous ?

M – Plus que tu ne le penses. Tu sais, avant qu’on se…rapproche, il était mon meilleur ami. Il a toujours été à mes côtés quand il le fallait. Il a pris soin de moi. On a dû être amoureux, l’un et l’autre sans se le dire, dès notre rencontre.  Mais on a des caractères entiers et chacun de son côté, on se trouvait  des prétextes pour ne pas être ensemble… Et au bout d’un moment, il faut assumer ce qui est évident ou rester sur le bord de la route à se morfondre

 Illustration musicale: Stevie Wonder « Ribbon in tthe sky »)

Mattie – Moi, ça fait presque deux ans que je le connais et je n’ai jamais su comment lui dire merci pour tout ce qu’il a fait pour moi. En même temps, il n’aime pas trop parler de lui, de ce qu’il ressent. Il n’aime pas aborder certains sujets personnels. Il a une sorte de blindage…

M – Oooh ça…je le sais. Je connais par cœur sa façon d’éviter les questions intimes. Mais, après neuf ans je commence à en savoir un peu sur lui. Il faut être patient.

Mattie – Ma mère lui ressemblait beaucoup en ce qui concerne le caractère.

M – (Surprise). Ah oui ? Tu veux me raconter… mais tranquillement, si tu as besoin de te reposer, vas-y, fais comme si je n’étais pas là. Ce n’est pas grave. Il n’y a pas d’urgence. 

Mattie – Non Mac ! C’est trop cool que vous soyez là. J’ai un peu mal partout mais vous voir ensemble, c’est…bien.

M – (Elle prend la main de Mattie contre sa joue). Calmes-toi, ma puce et essaie d’apprendre à me tutoyer parce que… je risque d’être « présente » avec lui et toi pour longtemps même si des kilomètres nous séparent. Tu sais, S’il décide de partir à Londres, je vous attendrai le temps qu’il faudra…

Mattie – Harm tient ses promesses mais vous, je ne vous connais pas bien et…

M – Ne t’inquiète pas. Je pense qu’il tient à moi et j’ai été jeune comme toi, impatiente et il faut faire confiance au destin. Il nous a réunis, Harm et moi et je n’ai aucune raison de vouloir que ça change. On fera en sorte de se rendre visite autant que possible et je n’imagine pas un jour sans un coup de fil ou un message de vous deux.

Mattie – (Harm entre dans la pièce tout doucement à cet instant). Ne t’inquiètes pas, je lui rappellerai et il n’a pas intérêt à oublier. (Mac n’a pas entendu Harm entrer et rigole un peu).

H – (Faussement agacé). Mais qu’est-ce que vous racontez les filles ? Je suppose que je vais devoir sévir ou torturer si je veux savoir ?

M – (Elle se lève de la chaise et embrasse Harm). C’est des « trucs de filles », je ne sais même pas si tu sais que ça existe…Bon ! Je vous laisse un moment. Tu veux un café ou autre chose Harm ?

H – Je veux bien un café mais je peux y aller si vous voulez poursuivre vos « bavardages ».

M – (Amusée). Mais non ! Il faut que j’aille là ou tu ne peux pas aller à ma place. A tout de suite Mattie. (Elle embrasse Harm, fait un petit signe à Mattie et sort de la chambre).

Mattie – Alors ! Qu’est-ce que t’a dit le docteur Crawford ?

H – Il n’ose pas vraiment se prononcer mais il parle d’un mois, minimum. Il n’a pas dit si tu remarcherais où pas mais il ne veut pas faire n’importe quoi et préfère te garder le plus longtemps possible parce que si tu es transféré ailleurs, ce n’est pas forcément une bonne solution pour la suite.

Mattie – Qu’est-ce que ça veut dire, comment vas-tu faire ?

H – Je dois quitter le JAG. Après…que ce soit Londres, San Diego ou ailleurs, je ne peux pas rester à Washington. Dès que tu iras un peu mieux, je ferai installer ton clavier, ton ordinateur et on communiquera le plus souvent possible. D’ailleurs, je pourrais demander à ton père de t’installer tout ça. Ca l’occuperait. 

Mattie – Non ! Je ne veux pas le revoir. Aïe ! Tu vois, rien que d’y penser, j’ai une douleur dans le dos.

H – Attends, il ne t’a rien fait de mal. (Mac entre sans bruit dans la chambre). Qu’il soit irresponsable, c’est une chose. Il n’est pas là, d’accord, mais ne le rejette pas de façon définitive. Tu risque de garder ça toute ta vie et…

M – (Elle coupe, sur un ton très sérieux)…Et cela fera partie des blessures très difficiles à soigner, même si les tiennes actuellement te font mal, elles vont guérir. Mais dans la tête, c’est autre chose. Crois-moi ! (Elle s’avance vers Harm).Tiens ! Ton café.

H – Elle sait de quoi elle parle, Mattie. Et même si j’essaie de la guérir, ça ne marche pas comme ça.

M – Ce n’est pas tout à fait ça, ma puce. (Elle enlace Harm par-dessus ses épaules). Il est là pour moi depuis des années. Cependant, même si on n’oublie pas, il faut apprendre à pardonner sinon on ne sort jamais de la douleur.

Mattie – Vous êtes « super », tous les deux. J’espère que vous n’allez plus vous « chamailler » et vous séparer. Mais si c’est le cas, je ne vous en voudrais pas.

Mac et Harm – (En chœur). Ca n’arrivera pas. (Ils se tournent, l’un vers l’autre, se regardent et sourient).

(Illustration musicale: Simply Red « Holding back the Years »)

Harm – Mattie, on va te laisser, sauf si tu veux qu’on reste un peu plus ?

Mattie – Pas du tout ! La fatigue arrive, il faut que je me repose et vous, vous avez plein de choses à faire, avant vos départs. Jenn’ m’a téléphoné pour me dire qu’elle passera demain après-midi.

H – Justement, si demain on ne vient pas, tu ne m’en voudras pas ? Tu sais, avec les déménagements, le travail, on va manquer de temps…

Mattie – Pas de problème. J’avais compris. Et vous deux…Prenez soin de vous avant… Quelques semaines, quelques mois, sans vous revoir…Viens voir Mac…

M – (Elle s’approche, un peu inquiète). Ouiii !

Mattie – Merci pour tout et continue de prendre soin de lui, il va mieux maintenant. Je te remercie pour lui. Embrasses-moi et comme dit ton amoureux : « Bon vents et bonne mers ».

M – (Mac l’embrasse). N’hésite pas à nous appeler, n’importe quand, on ne t’abandonnera pas. Jamais.

Mattie – Vous allez faire un « pot » de départ au JAG ?

H – On n’y avait pas pensé mais... (Mac est également étonnée de cette suggestion).

Mattie – Et bien faites-le et portez un toast à nous trois.

M – C’est promis, on va y penser, non ! (Elle regarde Harm). On va l’organiser. Pour mieux se retrouver tous les trois…Et le plus vite possible.

H – On repasse après-demain de toutes les façons.

Mattie – Merci Sarah, pardon…Mac. Vous êtes « supers » tous les deux.

M – A très vite ma puce. (Signe au-revoir de la main, elle sort de la chambre).

H – A après-demain mademoiselle Grace. (Il l’embrasse sur le front puis sort de la chambre).

 20h29. Mac et Harm sortent de l’hôpital et reprennent la route vers Washington. Harm a pris le volant et Mac est pensive. Elle se blottit sur l’épaule d’Harm et lui tient la main. Tous les deux n’ont pas le cœur à « discuter ». Enfin, pas tout de suite.

 (Illustration musicale: Icehouse « Hey, little girl »)

 Fin de chapitre.

 

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mediosre30  (18.07.2012 à 17:03)

Chapitre 9.

 20h52. Mac et Harm rentrent à Washington après avoir rendu visite à Mattie à l’hôpital de Blacksburg. Dans la voiture, l’ambiance est silencieuse. Harm conduit, Mac lui tient la main et regarde vaguement le paysage. Une sorte de morosité plane. La question principale est toujours posée. Harm partira-t-il à Londres ou donnera-t-il sa démission pour suivre Mac à San Diégo.

(Illustration musicale: Red Hot Chily Peppers « By the way »)

H – Qu’est-ce que tu va faire du bail de ton appartement ?

M – (Agacée). C’est de ça que tu veux me parler, d’immobilier ?

H – Oui, enfin comme ça.

M – Je vais sous-louer. Tu te souviens de Varese ?

H – Oui, la femme que Turner fréquentait ?

M – Ils se fréquentent toujours…

H – Toujours ? Tiens donc !

M – Elle vient vivre à Washington pour quelque mois pour voir comment ça évolue avec Sturgis. Elle cherche un appartement dans le coin et apparemment ils sont toujours ensemble. Mais ils souhaitent garder leurs indépendances et habiter chacun chez soi.

H – Et toi, si on n’avait pas ces affectations, tu habiterais chez moi ?

M – Si tu me le demandais, oui ! Probablement. Je tiens à une certaine indépendance mais tu n’es pas encombrant et côté cuisine je crois que tu m’as assez bien gâtée depuis des années même si tu ne sais pas préparer des hamburgers... Mais si tu pouvais éviter le « pâté en croute spécial Harm »… (Elle sourit). De toutes les façons, on agirait surement différemment. On louerait ou on achèterait une maison avec plus de place.

H – (Sombre). Mais… Pourquoi, après des semaines, des mois, des années, tu es revenue vers moi hier soir ? La peur de la solitude ou que je perde tout intérêt envers toi ?

M - Rien de tout cela. Je t’aime depuis des années mais avec toi il y avait toujours des complications : le travail, une autre femme, la recherche de ton père et…

H – Mais tout ça, c’est du passé Mac. Tu sais très bien qu’il n’y a plus personne dans ma vie depuis longtemps. Et c’est la raison pour laquelle, je me demande si tu ne préfère pas que je parte à Londres. Ca t’évitera de t’engager. Parce qu’au fond, je ne sais pas ce que tu veux exactement ?

M – (Agacée). Toi ! Tel que tu es. Et rien de plus. Tu cherches la dispute avant de partir pour ne pas avoir à t’engager ou quoi ? (Elle sourit un peu). Tu ne vas pas me faire ça.

H – De tous les hommes de ta vie, qu’est-ce qu’il y avait en eux qui t’attiraient ?

M – Ils avaient envie de moi. Et ils me l’ont dit.

H – J’avais envie de toi et tu le savais

M – Harm, aucune femme aime s’amuser à jouer les voyantes et si tu ne t’es pas exprimé, c’est parce que tu n’en avais pas envie. Ou alors, tu le faisais quand je n’étais pas disponible. Le soir de mes fiançailles, par exemple…

H – Je sais, je n’en suis pas très fier mais… tu étais dans la même galère…

M – Oui, mais avec le recul, j’assume. Et pour moi ce n’est pas un échec. De là à te remercier de m’avoir empêché de faire une bêtise…

H – Oh, mais je n’attends pas de remerciements de ta part, tu es bien trop fière…

M – (Désabusée). Je ne sais pas à quoi tu joue… Tu es en train de gâcher ce bonheur que je ressens depuis vingt-six heures et trente deux minutes. (Elle le regarde tristement).

H – Ca va, ça va, j’arrête. (Il prend sa main, la serre très fort). Ce n’est pas un jeu Sarah. Je veux être sur. Sur que, quelle que soit la décision que je prenne, on soit, toi et moi, « ensemble ». Par exemple, si je vais à Londres, auras-tu la patience de m’attendre ?

M – Mais ça fait des années que je t’attends. Un peu plus, un peu moins…Tu n’arrives pas à assumer, à comprendre simplement que tu as au moins une femme au monde qui t’aime avec tes nombreux défauts… (Elle rit de sa remarque puis se reprend immédiatement). Je n’ai pas le choix. Ce n’est pas seulement par rapport à ta carrière mais je ne me sens aucun droit de t’obliger à prendre une direction que tu ne souhaites pas.

H – Bon ! En fait, tu penses comme moi que, s’il y a un mariage, c’est avec moi et pas une autre personne ?

M – Oui mais…Tu es en train de me demander en mariage, là ? C’est un peu curieux comme façon de le formuler, non ? Tu ne pourrais pas mettre un peu des gants…

H – Désolé, je n’en ai pas sur moi (Il sourit mais se reprend tout de suite). Tu dois savoir que…je ne supporterais pas de te rendre malheureuse. Un mariage, c’est un engagement. Ce que je suis en train de te dire est plus simple que ce que tu ne le penses. Je souhaite, par-dessus tout, une Sarah MacKenzie avec un visage épanoui et serein que j’ai rarement vu mais qui est plus qu’agréable à voir. Et pas seulement le jour du mariage. Je ne parle pas pour moi, pour un plaisir personnel. Mais te savoir heureuse, me rend heureux. Et ça fait des années que je le pense…

M – Je ne sais pas quoi dire. (Sourire enjoué). Comme déclaration…Il y a pire…Et après, tu t’étonnes que j’ai des envies de… viol… (Ils éclatent de rire).

H – J’ai vu, tout à l’heure avec Mattie ces attentions, cette « envie » de faire partie de notre vie, de ma vie. Je ne doute pas de toi mais je m’inquiète pour toi et je ne veux pas que tu regrettes quoi que ce soit. Et j’ai vu aussi ses regards vers toi…

M – (Un peu bouleversée). Jamais…jamais, une personne ne m’as dit des paroles comme ça. Harriet, un jour m’as dit : « Quand on est sur, on ressent ces choses là ». On n’a pas la même vie, le même caractère avec Harriet mais là…Ce qui m’arrive actuellement... Je n’irais pas jusqu’à dire que je vis un rêve mais…

H – C’est ce que je ressens, trésor. Il n’y a pas de quoi en faire une série télévisée à l’eau de rose…

(Illustration musicale: The Police « Every breath you take »)

M – Il ya de ma part une question qu’il faut que je te pose.

H – (Intrigué). Euh, oui. Vas-y !

M – Au sujet du bébé. Celui que l’on devait faire avant cinq ans. Je veux savoir si tu m’en veux de ne pas m’être décidé quand il le fallait.

H – Non. Mais je ne peux pas répondre de façon vraiment objective. La seule fois ou je me suis vraiment senti mal, c’est quand tu es partie au Paraguay. Tu étais passée me voir chez moi, en plus déguisée en femme enceinte et je t’ai demandé de ne pas partir. A l’époque, je me sentais prêt à m’engager avec toi, j’aurais fait ce qu’il fallait. C’est la raison pour laquelle, j’ai démissionné pour aller te retrouver là-bas. Ce n’était pas une décision irréfléchie et je comprends les raisons de l’amiral de m’en avoir voulu et d’avoir refusé de me reprendre dans les services du JAG. Il avait ses raisons de penser qu’on ne laisse pas tomber une carrière pour une femme. Mais pour moi, à l’époque, en quelques semaines, je perds la femme de ma vie, j’apprends par la suite qu’elle a peu de chance de tomber enceinte et donc de tenir notre « promesse »… C’était peut-être la pire période de ma vie.

M – J’avoue que je n’aime pas trop que tu parles de ça. Je ne te sentais pas « prêt », comme tu dis, à t’engager. Je n’ai pas fait de calcul. Au départ, le Paraguay, c’était une mission comme une autre. Je te l’ai dis, avec Webb ça s’est fait comme ça ! Mais en même temps, j’en avais assez de t’attendre et ça m’a quand même couté cher.

H –Je sais, ton caractère a changé. Même quand je suis revenu au JAG, j’ai bien senti que tu m’en voulais encore, on était moins complice qu’avant. Heureusement, il y a eu Mattie. Au fond de moi, je ne ressentais pas ça comme une « compensation ». Elle est arrivée dans ma vie au moment où je ne partageais plus rien avec personne. Elle m’a réappris à partager, tu vois quand on aime, on donne sans compter et je crois que c’est quelque chose que j’avais perdu en te perdant. On ne peut pas revenir en arrière mais il est certain qu’aujourd’hui, il y a bien des choses que je ferais autrement.

M – Alors là, tu n’es pas le seul. (Long silence). Je suppose que je devrais m’excuser pour tout ça.

H – Non ! L’erreur vient de mon côté, c’est à dire avoir trop attendu pour te dire ce que je ressens et en plus ça a failli te couter la vie là-bas. Et aujourd’hui c’est un peu la situation contraire. C’est moi qui m’en vais parce que, je pense que vais accepter d’aller à Londres et même si c’est beaucoup moins dangereux que le Paraguay, il n’en reste pas moins que c’est une séparation…

M – (Fermement). Temporaire ! Je ne peux pas exiger que tu me reviennes ni une promesse quelconque de ta part mais laisse-moi au moins espérer…

H – En parlant de ça, tu sais bien que je ne suis pas du genre à faire des promesses en l’air mais là… (Il sourit)…Tu ne m’échapperas plus.

M – (Elle sourit également). Et…Comment tu vas t’y prendre pour « m’enchaîner » ? H – On peut se marier maintenant ou dans quelques semaines, dans quelques mois…

M – (Fermement). Pas question…de refuser cette offre. (Elle l’embrasse, ils rient, il fait un « écart sur la route et se reprend).Hey…

H – Tu es « bouleversante » trésor. D’ici là, on a deux déménagement à faire et le plus de câlin possible pour les garder en souvenir quand on sera séparé.

(Illustration musicale: Paul McCartney “Silly Love song”)

M – Racontes-moi comment tu « imagines » notre mariage.

H – Rien de vraiment exceptionnel mais quand même quelque chose d’inoubliable si possible. J’aimerais que tu me laisse Bud comme témoin. Tu peux prendre Harriet si tu veux.

M – D’accord mais pour…

H – Pour Mattie ? C’est la raison pour laquelle je t’ai parlé de quelques semaines ou quelques mois. J’aimerais qu’elle soit rétablie le plus possible, qu’elle remarche ou pas mais qu’elle puisse « vivre » l’instant.

M – C’est évident. Je ne vois pas pourquoi j’y verrais un inconvénient. On va prendre le temps de faire les choses tranquillement. J’ai tellement attendu que le « commandant » se déclare…

H – J’aimerais qu’on arrive à retrouver ou contacter l’amiral parce qu’il est un peu notre…

M - …parrain. Oui, bien sur. Sinon, on n’est pas obligé d’inviter nos ex… non…Hein ! (De façon coquine, elle se met à rire).

H – (Il rit également). Par moment Sarah, tu as l’esprit plus tordu que moi…Et ça m’agace un peu.

 22h37. Ils arrivent en face de l’appartement de Harm, descendent de la voiture et entrent dans l’appartement, posent leurs petites affaires .Ils s’embrassent longuement.

Mac – Il faudrait que je rentre chez moi, prendre des affaires. Mon fossile va m’en vouloir…

H – Regardons les choses différemment. Ici, à part remplir des cartons, des valises, qu’est-ce qui me reste à faire ?

M – (Intriguée). Je ne vois pas où tu veux en venir…

H – Invites-moi chez toi et on commence là-bas, par évaluer le confort de ton lit ou… ton pyjama, ton mauvais café…

M – Idiot ! Mais bien sur que oui. Dépêches-toi de prendre ce qu’il te faut et on y va.

H – J’en ai pour quelques minutes. Si tu veux quelque chose, un thé, de l’eau minérale ou autre chose, tu sais où trouver…

M – Oui, je sais…C’est bon de t’avoir à mes côtés…Tu vois…Je me contente de peu de chose. (Elle l’étreint, l’embrasse longuement).

 22h 42. Harm réunis quelques vêtements dans un sac. Mac, assise sur le canapé le regarde…« déguste » les gestes de son amoureux avec ce sourire qu’elle a quelquefois, quand elle se sent « sereine ». Ils se préparent à quitter l’appartement quand quelqu’un frappe à la porte (Tous les deux, intrigués). Harm va ouvrir…

 H – Jennifer !

Jennifer Coates – Monsieur. Bonsoir. Je vous prie de m’excuser mais je vous ai entendu rentrer, je vous attendais plus ou moins. Tout à l’heure je vous ai vu avec le colonel McKenzie, cet après-midi et je voulais savoir si elle était là ? (Mac apparait).

M – Bonsoir Jennifer, qu’est-ce qu’il se passe ?

J – Rien madame. Rien qui doit vous perturber mais, j’avoue que j’aimerais vous accompagner….

M – A San Diégo ? Mais bien sur, je vous ai inscrite sur ma liste, à moins que Harm ne veuille vous emmener à Londres. (Elle se tourne vers Harm)…

H – Non ! J’aurais aimé travailler avec vous mais si vous préférez Sarah…pardon le colonel McKenzie, ça ne me dérange pas. Vous avez surement des « trucs de filles » à vous raconter …

M – Entrez un instant Jennifer, j’ai a vous parler. (Harm s’éclipse pour terminer son « bagage », Jennifer est un peu étonnée par cette invitation et Mac referme la porte derrière).

J – Madame ? Que puis-je pour vous ?

M - Harm, pardon, le capitaine Rabb et moi, nous allons nous marier (Jennifer est un peu interloquée). Et vous allez vous occuper d’organiser tout cela mais pas comme pour l’amiral Chegwidden. (Harm écoute, un peu inquiet). Vous allez écouter tout ce que l’on a à vous dire, ce que l’on veut, ce que l’on ne veut pas. Et cette fois, vous allez réussir à organiser un mariage tel qu’on le souhaite, Harm et moi.

H – Mais pourquoi veux-tu que Jennifer s’occupe de notre mariage ?

M – Parce que Jennifer est quelqu’un que j’apprécie beaucoup et que je la vois mal refuser ce « contrat ».

J – C’est… Trop…Mac…Pardon, pardon colonel…

M – Hey, calmez-vous Jennifer, à la maison c’est Mac ou Sarah

H - (Faussement inquiet). Ca veut dire un peu plus « d’histoire de filles » ?

J – Désolé Capitaine !

M – Ne vous inquiétez pas Jennifer, il adore ça. Plein de filles autour de lui… (Elles rient).

J – (Hilare). Mais le bocal de cornichon, c’est pour lui ?

M – Oh oui, (Hilare) c’est sur. (Elle se reprend). On va surement dormir chez moi ce soir. Vous pouvez en parler aux collègues du JAG ou pas, je vous fais confiance…

J – Madame, je n’ai aucune raison de trahir des personnes qui ne me trahissent pas.

H – Jennifer, inutile d’essayer de « m’acheter » pour des trucs de filles » (Ils rient tous les trois). Bon, vous savez que je vous aime bien mais on doit y aller…

J – Pas de problème, Monsieur. Je m’occupe de tout ce que m’a demandé Mac… (Jennifer quitte l’appartement de Harm).

 23H02. Après avoir réuni leurs « petites affaires », Mac et Harm prennent chacun leur véhicule pour se diriger vers l’appartement de Mac. Ils arrivent quelques minutes plus tard

 (Illustration musicale: Double “The Captain of her heart”)

M – (Ils entrent chez Mac). Je me suis rarement senti aussi bien mon chéri.

H – (Il pose son sac). N’exagérons rien, trésor. Je vais bien maintenant mais…

M – Mais nous savons que dans deux jours…

H – Voilà ! Bon ! On commence par quoi ?

M – Décroche-moi ce qu’il y a sur les murs et mets les dans les cartons là, sur la gauche. Je vais vider cette penderie. Mais tu as faim ? Tu veux quelque chose ?

H – (Il la regarde). Naturelle, sans assaisonnement. Sans salade, telle qu’elle.

M – Arrête, tu veux absolument me faire rougir.

H – Oh non, mais il me semble que notre journée a été assez remplie et que l’on pourrait passer à autre chose. Tu es souvent aussi ennuyeuse ?

M – Ce n’est pas pour cela que tu es venu ? Mais tu as surement raison, j’ai besoin de sommeil moi aussi. Tes petites questions dans la voiture, cette conversation m’ont épuisé.

H – Ce n’était pas le but Sarah. Mais je ne veux pas que l’on ait ce type de conversation dans quelques jours, quelques semaines alors je préfère tout régler maintenant avant cette séparation…bien involontaire.

M – Oui mais… On est rarement sur de soi, à cent pour cent, sauf que là… (Elle enlève les vêtements de Harm, un à un puis les siens et l’attire dans son lit)…

H – (Il l’embrasse tendrement)… Je ne vois aucune raison d’objecter…

 23h11. Mac et Harm prennent le bon temps qu’ils n’ont pas pu se permettre depuis des années. Calmement, ils dégustent leur bonheur. Le reste peut attendre…

 (Illustration musicale: INXS « This time »)

 Fin de chapitre 

 


mediosre30  (18.07.2012 à 23:06)

Chapitre 10.

 06h52. Appartement de Mac. Washington, D.C.

Mac et Harm se réveillent tout doucement. Harm a préparé le café au cas où…et un thé vert pour Mac. Elle se réveille et a du mal à réaliser qu’Harm est venu passer la nuit chez elle et dormir avec elle. Ils ont appris la veille, leurs nouvelles affectations et donc leur séparation. Harm a décidé de partir à Londres. Et Mattie le rejoindra dans quelques temps, lorsqu’elle sera transportable. Mac et Harm se sont beaucoup rapprochés depuis quelques heures. Le mariage est ainsi projeté mais, ce matin peu de  mot ne sort de leurs bouches. Ils essaient de prendre les petits bonheurs de l’instant et ce n’est pas facile. Ils s’observent, tentent de savourer ces dernières heures ensemble. Les lueurs du jour arrivent et tous les deux se préparent pour quelques heures de travail, des dossiers à finaliser, deux déménagements à terminer et au petit-déjeuner…les silences pèsent. Il y aurait tellement de choses à se dire sans se faire mal. Ne pas oublier les « Je t’aime » qui ne sortent que par regards interposés. Et les banalités « meublent » l’espace sonore pour oublier la déchirure de cette séparation. Ils sont assis en face d’un petit-déjeuner que Harm a préparé.

(Illustration musicale: Des’ Ree « Life »)

M – (Elle montre une feuille sur une petite table). En plus, il y a cette liste de l’équipe et je barre sans arrêt des noms, j’en rajoute...

H - (Il attrape la liste et commence à lire les noms). Lieutenant Wilson, Quartier-maître Lyonnes…

M – Hééé, te gène pas ! (Elle sourit).

H – C’est curieux, je ne vois pas le nom de Vukovic sur la liste ?

M – Non, je n’en veux pas. Tu peux l’emmener à Londres.

H – Ce n’est pas mon type.

M – Ni le mien.

M – Oh je ne l’éliminerai pas tout de suite, il a fait un travail honnête dans l’affaire qu’on a défendu ensemble, il pourrait s’avérer utile.

M – C’est étrange venant de ta part.

H – Tu as peur de lui ?

M – Oh non. Je pourrais le mater comme un chien.

H – (Il rigole). Hé, hé, je crois que ça lui plairait.

M – Il a essayé de me séduire à San Diégo, la semaine ou Mattie a eu son accident. Je m’en veux de n’avoir pas réagis tout de suite quand tu m’as téléphoné parce que je ne connaissais pas la gravité du problème et être à tes côtés aurait été plus important.

H – Tu ne pouvais rien faire de plus, l’accident était arrivé. Ca ne change rien.

M – Oui mais cela dit Vukovic m’a m’énervée, hier matin, avec sa suffisance, son arrogance. Il pense me faire changer d’avis pour cette liste. Il se croit indispensable avec moi à San Diégo. Et toi ? Ta liste ?

H – J’ai vu Bud hier, je lui ai proposé d’aller à Londres. Il avait l’air enchanté mais je lui ai dit d’en parler à Harriet et on se verra ce matin. Sinon, pour le reste, je balancerai les dossiers pourris à Turner.

M – Quelle générosité pour un collègue de promotion…

H – Tu sais, j’ai déjà la tête à Londres et à cette séparation d’avec toi et Mattie. Le travail ne me torture pas l’esprit pour l’instant. Au fait ! On fait comment pour le pot de départ ? (Il s’approche de Mac, la prend dans ses bras, la serre très fort).

M – (Sourire). En amoureux. Non, je plaisante mais je ne vois pas pourquoi on devrait se cacher maintenant. Je suis prête à affronter le regard du général Cresswell ou de quelqu’un d’autre. On fait ça demain soir à 18h00  au Mac Murphy’s et on portera un toast en aparté, juste toi et moi à Mattie, comme prévu.

H – (Un peu gêné). C’est cela qui est énervant. Les choses paraissent simple mais la vie ne sera pas simple…sans toi.M – Harm, mon chéri, arrête de ressasser ça. Prends ce que l’on a maintenant et…H – …Je sais mais j’ai un peu de mal à m’y faire…(Ils commencent à s’habiller de leurs uniformes).M – Allez ! Au boulot ! Au moins, on pensera à autre chose. Au fait, tu penses terminer vers quelle heure ?

H – 13 ou 14 heures au mieux, pourquoi ?

M – J’ai une petite surprise dans la tête en dehors des cartons et des valises que l’on doit préparer. Je te demande une petite heure à nous consacrer après le travail.

H – Je m’attends à tout mais ce n’est pas dangereux ?

M – Un tout petit indice, trouves-toi un maillot de bain.

H – Mac, je te remercie de tes surprises mais tu n’es pas obligée…

M – Cela ne te fera pas mal, bien au contraire…

 07h35. Mac et Harm sont arrivés aux bureaux du JAG ensemble, avec la même voiture. Ils se regardent, se sourient de temps en temps. Ils empruntent l’ascenseur, profitent de quelques secondes de cette intimité pour s’embrasser. Et les portes s’ouvrent. Et Bud leur fait face désirant prendre la suite…

 (Illustration musicale: Gil Scott Heron “The Bottle”)

Bud – (Un peu étonné). Madame, Monsieur, bonjour, comment allez-vous…

Mac – Bonjour Bud, je vous présente mon futur mari, Harmon Rabb Jr.

B – (Interloqué). Euh, pardon colonel ?

Harm – (Il coupe, tout sourire). Et bien, je vous présente ma future épouse, le colonel Sarah McKenzie.

B – Mais capitaine, euh commandant, je…ne comprends pas ce que vous voulez me dire…

H – Mac et moi, nous allons nous marier et vous serez mon témoin, enfin si vous acceptez cet offre ?

B – Euh oui, bien sur…Mais, c’est fantastique, comment avez-vous décidé ça maintenant ? Je ne comprends pas.

H – Vous croyez qu’il y a quelque chose à comprendre ? Vous voyez un inconvénient à ce que Mac et moi…

B – Ah non, non. Pas du tout, c’est juste que, en quelques jours les choses ont tendances à changer et je suis un peu perdu…

H – Cela n’est pas important, Bud.

Mac – Au fait Bud, vous avez pris le temps de parler à Harriet, de Londres ou de San Diégo.

B – Oui. Harriet… enfin, nous pensons qu’il est plus raisonnable de rester ici à Washington, pour l’instant et…

M – Je comprends Bud, il n’y a pas de problème et je pense que pour Harm, c’est la même chose…

H – (Un peu moqueur). Je comprends qu’Harriet ait décidé quelque chose et que vous n’allez pas essayer de la contrarier…

B – Je vous prie de m’excuser Monsieur, ce poste m’intéresse mais…

H – Pas de problème Bud, mais vous avez intérêt à vous montrer à la hauteur en tant que témoin de mariage, éviter les verres avec des ombrelles, ne pas égarer les alliances…Enfin, vous voyez ce que je veux dire…

M – Bon, mon chéri, Harm, je te laisse, j’en ai pour trois bonnes heures pour boucler ces dossiers et dire au revoir à tout le monde.

H – Moi de même, trésor, on se rejoint tout à l’heure.

B – (Un peu abasourdi). « Trésor » ! Vous appelez le colonel : « Trésor » ! Et elle vous dit «Mon chéri !»…

H – Mais pourquoi Bud ? Quel est le problème ? Vous trouvez qu’elle n’est pas assez bien pour moi ?

B – Euh, non, non pas du tout. Il n’y a pas de problèmes, c’est que en y réfléchissant, vous allez être séparés par des milliers de kilomètres et vous marier maintenant, ce n’est pas un peu risqué…

H – Mac et moi, risqué ? Je croyais que ce serait « évident » pour vous qui nous connaissez depuis des années. Vous pensez qu’elle pourrait me « faire un enfant dans le dos ».

B – Oh non, non. Je vous fais confiance à tous les deux, bien sur, je ne voulais pas dire ça…

H – Bon. Demain soir, 18H00 au McMurphy’s . Venez avec Harriet, vous prendrez vos fonctions de témoin principal. Jennifer s’occupe de tout organiser pour la cérémonie, d’ici quelques semaines.

B – Jennifer ?…Coates est au courant ?…Et le général ?

H – Vous croyez qu’il verra un inconvénient si j’épouse un « marines » ?

B – Non, non Monsieur, euh… tous mes vœux de bonheur…

H – Le bonheur, ça demande beaucoup de temps, Bud.

B – Oui, mais imaginez le temps que vous avez perdu avec le colonel ?

H – C’est pas faux Bud. Mais on dit aussi, « Chaque chose en son temps ». Et là, il semble que nous sommes arrivés à un arrangement…pour une fois…

 07h42. Harm rejoint son bureau, salue tout le petit monde en passant. La matinée de déroule. Il croise Mickey Roberts, qui souhaite partager un café avec lui et prendre conseil en ce qui concerne un « début » de relation avec Cammie, la fille du général Cresswell. Harm, un peu étonné par la démarche de l’aspirant lui suggère : « Si vous l’aimez, dîtes-le lui ! »

(Illustration musicale: Katrina & the Waves « Walking on sunshine »)

11h51. Mac frappe à la porte du bureau de Harm.

Mac – Harm, tu ne m’en veux pas si je déjeune une salade avec Harriet ?

Harm – (Il ne peut s’empêcher de la dévisager de haut en bas). Mais pas du tout trésor.

M – (Gênée par le regard de Harm). Quoi ! Qu’est-ce qu’il y a, qu’est-ce j’ai ?

H – Mais rien Sarah, je te trouve « appétissante » et je pense que j’ai de la chance…

M – Pffouh, à revendre…

H – (Sérieux). Bon, de mon côté, je n’ai pas tout à fait terminé, dis moi simplement que ce soir, tu seras dans le même lit pour accompagner mes rêves…

M – Tu deviendrais « romantique » avec l’âge ou bien, je me fais des idées ?

H – Tu ne réponds pas à la question, tu commence à me ressembler trésor et…

Général Cresswell – (Il frappe et entre dans le bureau de Mac). « Trésor ! ». Aurais-je manqué quelque chose ?

H – Les fiançailles ! (Il rit mais est un peu gêné). Pardon général,  je suis désolé mais le colonel et moi allons nous marier et…

Cresswwell – (Il sourit). Je savais que vous finiriez par tomber sous le charme des « marines ».

M – C’est gentil général mais nous allons prendre notre temps. Nous nous marierons dans quelques semaines lorsque nous serons installés à Londres et San Diégo. Et quand Mattie ira mieux.

C – Je comprends. (Il s’en va puis se ravise et se retourne). Vous m’en voulez, tous les deux pour ces affectations « éloignées » ?

H – Pas du tout, cela m’a permis d’évaluer à quel point, je me sentais proche d’une « marine ».

M – Quant à moi, je pense désormais faire confiance à ceux qui me font confiance…

C – Euh oui… (Un peu gêné). Très bien, très bien…

H – Général. Demain soir, petit pot de départ au McMurphy’s. Pourriez-vous demander à  madame votre épouse de se joindre à nous. Ce serait un plaisir...

C – Si on ne crève pas en route. Je parle de la voiture bien sur, nous serons des vôtres. (Il s’en va, se retourne un instant, les observe et poursuit son chemin).

M – Bon ! Je dois terminer mes petites affaires, playboy.

H – Tu n’en fais pas un peu trop là…

M – Harm, quel est le problème, tu veux revenir en arrière…Tu veux revenir sur ta promesse ?

H – Non, non ! Surtout pas. Mais je me demandais si tu te sentais heureuse dans une situation qui fait que, après-demain…

M – (Légèrement agacée). Attends ! Je croyais qu’on était « clair ». Qu’on en parlait plus, que l’on pouvait profiter de l’instant présent…

H - (Il ferme la porte du bureau). Justement, on parle. Tu dois savoir certaines choses que j’ai ressenties pendant toutes ces années. Il faut que je te dise que lorsque j’ai quitté le JAG pour voler à nouveau, retrouver mes ailes d’aviateur, et bien…quand je me réveillais, entre deux missions, ton visage, ton sourire apparaissait au réveil. Et puis quand je travaillais pour ces missions de la CIA, c’était pareil. A chaque fois, ton visage était présent. Je suis fou de toi Sarah…En fait je t’ai toujours aimé et…Oui, il y a eu des femmes dans ma vie mais toi c’est…

M – Mais c’est la même chose pour moi Harmon, je ne pense pas avoir autant aimé quelqu’un dans ma vie et je ne vois pas où tu veux en venir… Mais attends… (Elle s’assied et se prend la tête à deux mains)…J’ai une sorte de vertige, je vais m’asseoir…

H – Sarah ! Qu’est-ce qu’il y a ? Tu veux quelque chose, un verre d’eau ?

M – Ne t’inquiètes pas, cela m’arrive de temps à autre. Ca ne dure pas plus de quelques secondes. Juste un verre d’eau, ca va passer, rassures-toi. Je ne veux pas que tu partes à Londres avec des inquiétudes qui n’ont pas lieu d’exister. Ce que Mattie doit endurer est bien plus important. (Elle boit le verre d’eau que lui a tendu Harm, se relève, se reprend et le regarde amoureusement et lui sourit).

H – (Un peu inquiet). Bon ! Si tu le dis. Mais pourquoi ce sourire en coin…

M – Non, rien. Allez ! Rassures-toi. Ce n’est pas important, il n’y a pas de quoi alerter un médecin.

(Illustration musicale: Georges Benson « Livin’ inside your love »)

H – (Il se reprend). Bien ! Au fait, on commence par ton appart’ ou le mien ?

M – Et bien le mien, si tu es d’accord pour cet après-midi. Je m’en vais moins loin que toi et j’ai contacté des déménageurs qui s’occupent de tous les meubles. Moi, je m’occupe de mes vêtements et de mes petites affaires personnelles que je souhaite rassembler dans ma voiture pour San Diégo.

H – Par exemple ?

M – (Songeuse). Par exemple, ce cadre, cette photo de nous deux en Afghanistan que tu m’avais offert comme cadeau de Noël…

H – (Etonné). Et tu l’as gardée ? Je croyais que tu étais en colère contre moi au point de tout faire disparaître…

M – Ca ne risque pas, espèce de borné. Tu es bien trop important dans ma vie, quoique tu en penses. (L’œil mutin). Mais toi, tu as gardé des « souvenirs » que nous avons en commun ?

H – C’est un peu différent. Je ne fonctionne pas trop aux objets mais plus à la mémoire, aux images que je garde de toi, depuis notre rencontre dans la roseraie jusqu’à aujourd’hui.

M – Mais dans la roseraie, tu m’as dit un jour que tu voyais : « Diane revenue à la vie » ?

H – Sauf que tu m’as fait comprendre après toutes ces années qu’on ne vit pas avec le passé, que ce soit pour Diane ou pour mon père, c’est du temps perdu pour la réalité des choses en profitant des personnes qui t’apprécient et ne sont pas obligées de se projeter dans ton passé.

M – J’ai dit ça ?

H – Pas exactement comme ça mais… Je ne sais pas si je dois remercier quelqu’un ou le destin pour m’avoir donné l’occasion de te rencontrer Sarah…

M – Harm, nous sommes dans ton bureau et je ne peux pas me permettre de sauter sur toi pour t’embrasser à cause de toutes ces gentillesses que tu me dis…C’est trop…Je n’arrive pas à comprendre pourquoi, on s’est repoussé pendant tout ce temps…

H – Non ! Ce n’est pas ça, c’est que nous sommes un peu à court de temps et d’ici quelques heures, nous serons séparés. Je préfère te les dire maintenant, de vive voix plutôt que dans quelques jours, par téléphone, par mail enfin ce genre de message… Je préfère que tu entendes maintenant mon regard vers toi…

M – Wouaw…Et je…

H – Rien ne t’oblige à répondre quelque chose. Mais, quoiqu’il puisse nous arriver avec cette séparation, n’oublie pas que « nous », c’est important…

 

(Illustration musicale: Rod Stewart « Sailing »)

 

Fin de chapitre.


mediosre30  (20.07.2012 à 16:54)

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