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#305 : Le roi des puces

Un homme en fauteuil roulant entre au JAG pour confesser un crime. Personne n'accorde de crédit aux aveux de ce vétéran du Vietnam, ancien prisonnier de  guerre. Pourtant son récit, vieux de trente ans, est tout à fait crédible...

Popularité


4 - 3 votes

Titre VO
King of the fleas

Titre VF
Le roi des puces

Première diffusion
21.10.1997

Plus de détails

Réalisateur: Tom Wharmby
Scénariste: Dana Coen

 

305 / LE ROI DES PUCES

 

 16H56GMT – GEORGETOWN D.C.

Dans une rue passante, un labrador gold tire sur sa laisse pour aller saluer un joueur d'accordéon ambulant assis dans un fauteuil roulant. Un public, jeune et souriant, entoure le musicien, il sourit. Sa musique est gaie et entraînante, elle s'accélère au rythme des battements de mains. Au premier rang, vêtu d'un costume et d'une cravate, un homme asiatique encourage de la voix : l'accordéoniste le remarque, le regarde, le voit et son regard change, l'inquiétude se lit dans ses yeux. Il jette un coup d’œil autour de lui, personne n'a rien remarqué sauf le labrador qui aboie doucement. Le morceau s'achève, le public se disperse sauf l'asiatique qui sort son portefeuille de la poche intérieure de sa veste et s'avance vers l'homme. Il le félicite de savoir jouer aussi vite, l'autre lui répond qu'il court encore plus vite...très drôle ! Le musicien invite alors l'homme à entendre une histoire encore plus drôle, il s'incline, le musicien le saisit par la nuque, il trébuche. Le labrador geint. L'asiatique est à genoux sur le trottoir, l'infirme actionne le système électrique de son fauteuil et s'éloigne. Un passant remarque l'homme mal en point et lui demande s'il veut de l'aide, il a le souffle court, écarte les mains de son thorax : sa chemise est ensanglantée autour d'un couteau profondément enfoncé dans sa chair. La victime s'effondre sur le côté droit.

 

 17H07GMT – QG DU JAG – FALLS CHURCH – VIRGINIE

Harm sort de son bureau et parcourt les couloirs d'un pas pressé. Il dépasse le bureau de Mac mais y revient, passe la tête par la porte ouverte et lui demande, faisant allusion à l'état de son bureau, si ce sont des dossiers ou une barricade. Manifestement contente de cette diversion, elle lui répond qu'elle n'en peut plus de l'affaire JELKE, appelée très prochainement à l'audience. Il lui rappelle les actes de procédure à accomplir mais ils sont tous faits ou en cours. Il n'a rien à ajouter, lui fait un petit salut et s'en va.

Arrivé aux ascenseurs, il percute un homme en fauteuil roulant et manque de se retrouver assis sur ses genoux. Le visiteur remarque les gallons du capitaine et salue la « jolie salade de fruits », il désigne la Flying Cross et demande à Harm s'il a combattu. En Libye, lui répond-il. Il interroge l'homme pour savoir s'il a besoin d'aide et l'autre lui rétorque qu'il veut avouer, avouer une vie pleine d'occasions manquées. Harm s'apprête alors à lui faire l’aumône mais l'autre n'en veut pas, il n'est pas dans la misère, Willie MENKES est un ancien Marine's. Bud arrive et Harm lui demande de s'en occuper. L'autre est vexé : c'est à Harm qu'il faisait confiance, lui qu'il avait choisi.

Le lieutenant invite Willie à le suivre. D’emblée, il avoue qu'il est un meurtrier. Un peu surpris, Bud commence par l'interrogatoire d'identité ; l'homme s'appelle Willie Harry MENKES, il a été sous-lieutenant dans le corps des marine's, matricule 4111767, renvoyé à la vie civile en mars 1970. Revenant au fait, Bud demande la nature du meurtre, crime passionnel, vengeance... ? Willie le qualifie d'accès de faiblesse.

Harm, de retour à son bureau interpelle Bud : il ne s'attendait pas à ce que le lieutenant s'attarde avec cet homme et, quand Bud lui apprend qu'il vient d'avouer un crime, le capitaine est conforté dans son idée que l'homme a besoin d'aide, mais une aide psychologique et certainement pas juridique. Il ordonne à Bud de diriger Willie vers un autre service. Le lieutenant cherche les brochures adaptées. Il est interrompu par Mac qui lui demande s'il a eu le rapport d'expertise pour l'affaire JELKE. Il est posé sur son bureau. Mac se désespère : c'était l'endroit où il ne fallait pas le poser ! Elle ne le retrouvera pas !Un peu désorienté, Bud reprend ses recherches mais, quand il a trouvé les prospectus sur la prise en charge des vétérans et qu'il se retourne vers l'homme pour les lui donner, il n'est plus là : il a laissé une lettre sur le bureau. Bud en prend connaissance et se précipite dans le bureau de Harm. Il lui remet la feuille de papier sur laquelle est inscrite la seule phrase « la victime se trouve à l'angle de Main Street et de la 21ème. ». Bud s'est renseigné, la police a bien trouvé là, il y a trois heures, le corps d'un vietnamien poignardé. Les deux hommes cherchent Willie à travers tout le service, en vain. Harm pense aux toilettes. L'homme y est. Le capitaine ne le pense pas meurtrier mais est convaincu qu'il a vu quelque chose et que son témoignage est important : il l'invite à le rejoindre dans son bureau pour y parler de la lettre.

 

 17H21GMT

Harm interroge l'homme en présence de Bud. Il se confie facilement et raconte qu'il joue tous les jours de la musique à cet endroit, un pot pourri des tubes de la radio, un peu de classique et de latino. Les gens le connaissent, il aime particulièrement les chiens qu'il connaît tous par leur prénom. Aujourd'hui était un peu différent puisqu'il a vu resurgir un fantôme de son passé. Malgré les années, les traits de son visage étaient toujours aussi irritants qu'une méduse ; pourquoi a-t-il tué l'asiatique ? Le vietnamien ? Parce qu'il le fallait – non, se ressaisit-il – parce que c'était son tribut pour toutes les vies sacrifiées ! Harm veut s'assurer que Willie parle bien de la guerre du Vietnam, il acquiesce, trouve extrêmement injuste de voir cet ennemi profiter des fruits de la liberté sur le sol américain. Le capitaine redoute alors d'autres crimes commis dans cette communauté : MENKES l'a vu venir et le détrompe immédiatement, il connaissait bien la victime du matin, l'homme était mauvais.

Mac frappe et entre. Willie la complimente immédiatement. Harm lui présente Monsieur MENKES elle sourit, contrainte, et demande la liste des preuves pour son affaire JELKE. Willie cite alors « Une valeur hors du commun et une vertu commune », fièrement et sans aucune hésitation Mac répond : Amiral NIMITZ. L'homme se saisit de son accordéon et engage une sérénade, le major se détend, sourit plus librement. Harm lui raconte le meurtre que vient d'avouer Monsieur MENKES. Ce dernier l'interrompt, ce n'est pas un meurtre, un meurtre est quelque chose que l'on regrette : il a exécuté un homme du nom de Li Trang, puis il ajoute que le meurtre a été commis il y a trente ans...

 

 17H25GMT – QG DU JAG – FALLS CHURCH – VIRGINIE

Mac ne comprend pas que l'homme ait attendu si longtemps pour se livrer, Harm se demande si Willie n'est pas entrain de jouer avec eux. L'homme reste extrêmement calme et explique que la vie est un cercle, ce matin, la sienne a achevé sa première révolution. Le capitaine revient sur la date, puis le Vietnam. L’étau se resserre : MENKES évoque le terrain d’atterrissage de Dong Ha. Harm complète spontanément : en zone démilitarisée, il y avait des camps de prisonniers en 1970. Willie est étonné des connaissances de Harm, il était trop jeune pour avoir connu ces combats. Il lui parle alors de son père, porté disparu. Une lueur d'espoir s'allume déjà dans ses yeux. Il interroge le vieil homme sur l'identité des prisonniers qu'il a pu y rencontrer mais c'est ancien, trop lointain, Harm cite le nom de son père, la veille de Noël 1969, sa qualité de pilote de l'aéronavale et insiste sur les raisons qui le poussent à croire qu'il a pu être emmené en Russie. MENKES révèle alors la présence de russes prisonniers à Dong Ha, des militaires, sans aucun doute. L'excitation de Harm monte d'un cran : c'est la première fois qu'il entend parler de prisonniers russes dans les camps au Vietnam, le témoignage de Willie MENKES est essentiel ! Mais l'homme ne l'entend pas ainsi, il s'adresse à Mac et lui demande ce qu'elle a pensé de sa petite sérénade. Elle lui a plu, lui voudrait continuer mais Harm intervient, il l'interrompt, il veut le ramener à parler du Vietnam. Willie s'énerve, refuse la pression : au comble de l'énervement, Harm hurle qu'ici c'est lui qui donne les ordres. Bud et Mac sont stupéfaits, ils ne l'ont jamais vu comme ça mais Mac doit prendre congé.

Dans le couloir l'attend Dalton LOWNE, homme en civil à qui, manifestement, Mac vient de faire rater un déjeuner. Elle se confond en excuses et raccompagne l'homme à l'extérieur. Ils parlent du nombre de dossiers traités par an, entre 30 et 40 pour Mac, pas plus d'une dizaine pour LOWNE, mais il est dans le privé ! Ils parlent salaire. Ce sont deux mondes. Beaucoup plus clairement, ensuite, Dalton LOWNE tente de débaucher Mac, l'inciter à venir exercer dans son cabinet. Elle refuse, au nom de leurs relations : que deviendraient-elles s'ils travaillaient ensemble ? Elles seraient nécessairement changées, LOWNE est prêt à prendre le risque d'une rupture. Mac, elle, est ravie de ce qu'elle a. Ils s'embrassent, se séparent, Dalton LOWNE est très déçu.

 

 17H29GMT – QG DU JAG – FALLS CHURCH – VIRGINIE

Dans le bureau de Harm, Willie demande du café ; le capitaine envoie Bud en chercher. Dans le couloir, il se heurte à un civil qui se présente, Inspecteur Frank COSTER, de la police de Washington, il cherche le lieutenant ROBERTS. Bud se présente à son tour mais est interrompu par Harm. COSTER se présente de nouveau à lui et explique qu'il est venu interroger le lieutenant ROBERTS parce que celui-ci lui a parlé d'un crime commis le matin même dans Main Street : COSTER aimerait en savoir plus sur ce que sait Bud. Willie est sorti du bureau de Harm et intervient : c'est à lui qu'il faut parler de ce crime. COSTER ne demande pas mieux mais Harm l’entraîne à l'écart et requiert, dans un premier temps, de voir ses papiers, son insigne. L'autre s'impatiente, Harm insiste : on lui a déjà fait le coup... ! ( voir épisode 301 : Le mystère du HORNET cas du faux commissaire FALKON ). Puis il explique qu'il a besoin d'un peu de temps, il s'interroge sur l'identité du cadavre, COSTER lui apprend qu'il s'agit d'un certain Li Trang, un vietnamien du coin. Il n'a pas de temps à lui donner, le public commence déjà à dénoncer un crime raciste. Harm insiste, c'est un cime de guerre qu'il doit instruire. Mac Intervient, essaie d'obtenir de COSTER qu'il patiente un peu, il offre cinq minutes, beaucoup trop peu pour Harm. Arrive alors l'Amiral, qui se présente et contraint COSTER à le faire une cinquième fois. CHEGWIDDEN n'y va pas par quatre chemins : ils sont dans un bâtiment fédéral, COSTER doit attendre son tour ! Il entraîne Harm à l'écart et le capitaine lui apprend ce qu'il sait. Au nom de Dong Ha l'Amiral comprend l'importance de l'affaire et fixe l'attente de COSTER à trente minutes ; il demande à Bud de le raccompagner dehors.

L'Amiral suit Harm dans son bureau où il rencontre Willie : les deux hommes se serrent la main et l'Amiral informe MENKES que son commando a été envoyé à Dong Ha pour libérer le camp mais qu'ils n'ont trouvé personne, que des huttes vides. Willie parle d'une tentative d'évasion, un plan, mais qu'il n'y a pas eu de survivants. Harm l'interrompt, il va trop vite, ils n'ont que trente minutes, pas de temps pour des digressions. MENKES s'impatiente, il bien attendu trente ans ! Il reproche à Harm la façon dont il l'a reçu, sa désinvolture. L'Amiral intervient pour recentrer la discussion, il invoque la douleur des familles, leur droit de savoir, Willie n'a pas celui de cacher ce qu'il sait. Il se défend d'avoir voulu dissimuler quoique ce soit, il a seulement enfoui un souvenir au plus profond de lui. Délicatement, doucement, l'Amiral l'invite à se décharger de son fardeau, traiter ses souvenirs simplement comme des informations.

L'homme se souvient alors du plan d'évasion, il était simple, il s'agissait de s'emparer d'un garde armé d'une grenade offensive et d'utiliser cette dernière pour faire sauter la palissade de bambous. Mais la bombe a fait long feu, huit hommes sont tombés sous les rafales de mitraillettes, les autres....ils auraient aimé mourir en même temps que leurs camarades. L'Amiral demande à voir Harm dehors, il échange un long regard avec Willie et quitte la pièce. Il a rendez-vous avec le Secrétaire d'État et recommande au capitaine d'utiliser la manière douce pour faire parler le prévenu. Il veut un rapport.

De retour dans son bureau, Harm invite Willie à raconter ce qui s'est passé après l'échec de l'évasion : la réaction a été d'une brutalité extrême, les vietnamiens ont tout mis en œuvre pour briser moralement les prisonniers. Harm connaît leur réputation en la matière, il insiste à nouveau pour apprendre de l'homme ce qu'il veut, ce qu'il doit savoir ! Willie aborde la façon qu'ont eu les geôliers de choisir, parmi les prisonniers, le plus vulnérable pour l'inciter à parler sur ses compatriotes, révéler des choses qu'il n'aurait jamais cru pouvoir dire. Harm demande à Willie s'il a collaboré : le regardant droit dans les yeux, il lui révèle que c'est son père qui l'a fait. Harm, livide, est décomposé.

 

 17H44GMT – QG du JAG – FALLS CHURCH - VIRGINIE

Il ne réagit pas immédiatement et demande à Willie de répéter : ce dernier refuse. Harm se jette alors sur lui, l'attrape à la gorge et défend son père d'avoir jamais été un collaborateur. Bud s'interpose pour séparer les deux hommes et le capitaine reprend peu à peu ses esprits : il cherche à obtenir confirmation de ce qu'il vient d'entendre, il questionne Willie sur les détails, l'âge de son père, son grade, ses origines. Quand Willie ne peut pas répondre, de nouveau Harm doute et manque de l'agresser mais Bud est là pour prévenir toute nouvelle réaction violente de son supérieur. MENKES en profite pour reprendre l'avantage et apporter les détails qu'il connaît : le type d'avion piloté par Harmon RABB senior et, surtout, son surnom de Hammer, sa petite moustache...Harm est anéanti et Willie cherche à temporiser : il était jeune, à l'âge auquel on idéalise son père, il l'a connu dans les meilleures conditions, lui, dans les pires, de surcroît, l'homme avait été méchamment blessé à l'épaule droite par des sympathisants vietcongs et n'avait donc pas toujours toute se présence d'esprit, s'ajoutaient, enfin, à cela, malaria, fièvre et malnutrition. Dans un ultime sursaut de violence, Harm arrache le carnet de notes des mains de Bud et cherche ensuite à se convaincre lui-même de ce que son père n'a pas pu trahir : c'était quelqu'un de fort, déterminé, préparé, en tant que combattant, à subir de telles conditions. Là, Willie l'arrête : rien ni personne ne préparent à de telles épreuves. Les larmes aux yeux, Harm se dirige vers la fenêtre et évoque ce souvenir d'enfance, lorsqu'une fois, à la pêche, son père s'était blessé avec un canif et avait dû suturer la plaie, seul, au moyen d'un hameçon. Il n'avait pas voulu effrayer son fils et avait alors raconter des histoires drôles tout au long de l'intervention. Non, son père était bien quelqu'un de très fort, capable de supporter et d'endurer un très haut degré de souffrance ! Willie concède mais cette force de caractère a été brisée à Dong Ha, le pire des camps, aux mains du diable en personne.

Harm n'en peut plus, il sort du bureau et interpelle Mac. Il veut qu'elle obtienne de COSTER un délai supplémentaire. Elle semble pressée, argue de ce qu'elle a déjà fait le maximum et n'en obtiendra pas plus ; il reste muet, la regarde, simplement. Elle commence à bégayer, entre dans l'ascenseur et lui dit qu'elle fera ce qu'elle pourra ! Il la remercie et retourne à son bureau. Là, il invite Bud à faire une pose mais le lieutenant hésite. Il demande à son supérieur s'il va bien, s'il a besoin de quelque chose : Harm lui demande de trouver tout ce qu'il pourra sur Li Trang.

Dans les jardins du JAG, Mac rejoint COSTER, attablé sous les marronniers. Elle s'assoit avec lui et engage la conversation. Elle lui parle carrière et lui révèle sa fascination pour l'esprit des criminels ! COSTER à la même ( voir épisode 317 Traquée ), en revanche, il aime beaucoup moins leurs mains...Elle lui demande si c'est la première fois qu'il vient au JAG et il avoue que oui, il est impressionné. Mac lui propose de lui en faire faire la visite guidée et le policier comprend qu'elle cherche à gagner du temps : même si la visite n'est pas longue, elle durera nécessairement plus que les six minutes qui restent avant qu'il ne prenne possession de son suspect. Le major se fait alors suppliante : COSTER est bien placé pour savoir ce que sont les interrogatoires, elle lui demande de leur accorder un peu de temps. COSTER refuse, Mac propose de lui rendre un service. Il réfléchit et se décide pour la conduite d'un char, un tank. Surprise par cette requête insolite, la jeune femme réagit très vite : elle est un marine's, tout lui est possible. Il lui demande d'aller passer les coups de fils nécessaires et elle s'apprête à y aller quand elle se ressaisit, elle a compris qu'il la manipule, quand elle reviendra, il aura déjà mis Willie en garde à vue. Elle prend congé, elle a un rendez-vous.

Dans son bureau, Harm s'entretient avec MENKES des relations père/fils et alors qu'il déplore n'avoir pas assez connu son père, Willie lui apprend qu'il n'a, lui, jamais connu aucun de ses parents et a passé sa jeunesse à errer de familles d'accueil en familles en d'accueil. Il s'en dit très heureux car il n'a jamais rien eu à attendre de ses parents. Il plaint l'investissement de Harm pour son père et suppose qu'il ne se remettra jamais de la déception causée par ses révélations. Soudain, le regard du capitaine est arrêté par quelque chose, de l'autre côté de la pièce. Il se lève, se dirige vers un classeur et prend, dessus, un petit cadre à photo : elle représente son père, debout près d'un cockpit dans lequel est installé un petit garçon, sur la carlingue est peint le nom de Hammer ! Harm a compris : ce cliché a appris à Willie tout ce qu'il a pu dire sur son père. L'autre nie, Harm le congédie et le renvoie à COSTER. Sans remord apparent, Willie résiste, il leur reste du temps à passer ensemble, il confesse que le nom de Hammer lui était inconnu jusqu'à ce jour. Mais Harm a trop souffert, il ne comprend pas cette haine de l'autre à son égard et ne veut plus perdre son temps avec lui. Winnie lui fait alors part de la déception ressentie : il lui a fallu trente ans pour parvenir à se confier et Harm n'a pas voulu le recevoir, d'abord, l'écouter ensuite, enfin, il n'a bien voulu entendre que les informations qui l’intéressaient, sans égard pour celui qui avait connu cet enfer. Conscient de son erreur, le capitaine s'apprêtait à tout reprendre à zéro quand il est interrompu par Bud. Le lieutenant apporte le fruit de ses recherches concernant Li Trang et il confirme qu'il s'agit bien d'un ancien membre du FNL, passé du côté américain et qui s'est vu octroyer l'asile politique en 1981. Mais il a aussi trouvé des informations sur Willie MENKES et, là, l'histoire est tout autre que celle racontée par l'homme assis dans le bureau : Willie MENKES est porté disparu depuis mai 1968, le siège de Khe Sanh et son nom est gravé sur le Mur. L'infirme reconnaît avoir menti sur son identité, il est Roscoe MARTIN, de Lawton, dans l'Oklahoma ; Willie MENKES a bien, lui, été tué.

Arrive COSTER, bien décidé à récupérer son suspect afin de l'emmener au commissariat pour lui signifier sa garde à vue et l'interroger. Harm demande du temps, COSTER le lui refuse mais lui suggère de venir à l'hôtel de police pour poursuivre son enquête. Bud intervient alors et – naïvement ? - demande au policier s'il dispose bien d'un véhicule équipé pour transporter un handicapé en fauteuil roulant. Harm insiste, il s'agit là d'une formalité légale. COSTER avoue que non et reproche aux militaires de ne pas lui en avoir parlé avant ; le policier n'aurait-il pas pu ni dû y penser lui-même ? Roscoe est ravi de ce contretemps.

Harm et Bud l'emmènent ensuite dans la salle du tribunal : ils en verrouillent les portes et Bud est désigné comme CERBER, le gardien des enfers, personne ne doit plus les déranger. Harm introduit l'interrogatoire par la question de la mort de MENKES. Roscoe le rassure immédiatement, il ne l'a pas tué, il a trouvé son corps dans un fossé et a pris ses plaques en souvenir, pour sa famille. Il a été libéré honorablement, sous sa véritable identité mais c'est à son retour qu'il n'a plus voulu être Roscoe MARTIN, il ne le veut toujours pas aujourd'hui, il préfère Willie. Il raconte, ensuite, comment il a été capturé : par un enfant, pendant qu'il dormait ; il a immédiatement été transféré au camp de Dong Ha ; c'était un endroit inimaginable dont on sentait la puanteur à des kilomètres à la ronde ; les officiers étaient entassés dans des cages en bambou où ils ne recevaient qu'un repas par jour, quant aux simples soldats, attachés à des troncs d'arbre, ils n'avaient droit qu'aux miettes. Au bout d'une semaine, toutes les sensations avaient disparues et seul la fuite était la solution. Un silence suit cette première description de l'horreur. Harm et Bud le respectent, laissent à Roscoe le temps de se reprendre. Il entame un air d'accordéon et fredonne une complainte d'appel à l'aide. Il a des larmes plein les yeux. Harm compatit, sincèrement, en silence.

Roscoe poursuit sans décrire à nouveau la tentative d'évasion avortée. Après, les soldats vietnamiens étaient fous de rage : ils ont fait marcher les prisonniers pendant vingt-quatre heures sans boire ni manger, au cri de « duhng ngi ! » qui signifie « ne vous arrêtez pas ! ». Harm sent la douleur de son interlocuteur et veut l'interrompre mais Roscoe est lancé, il veut continuer. Il se lève de son fauteuil, criant encore duhng ngi et tombe dans les bras du capitaine qui le retient fermement.

 

19H20GMT

Les mêmes, au même endroit : Bud apporte du café. MARTIN commence à faire dévier la conversation vers le mariage et les femmes mais le capitaine l'arrête et le ramène à Dong Ha. Roscoe explique comment le chef du camp a choisi parmi les prisonniers celui qui semblait le plus vulnérable, un déserteur dont la culpabilité se lisait dans ses yeux. Il l'a placé à l'isolement pendant vingt-sept jours et l'a interrogé huit à dix heures par jour. Puis il lui a laissé croire qu'il l'avait impressionné et l'a nommé responsable des autres prisonniers. Bud intervient alors pour essayer de comprendre : il croyait que la responsabilité des détenus était confiée au plus gradé d'entre eux. Le capitaine le corrige : il s'agit là une technique mise au point par les vietnamiens pour parvenir à briser toute cohésion, toute résistance de la part des hommes. S'attachant ainsi l'homme le plus fragile, les geôliers avaient tout lieu de croire qu'il allait collaborer. Roscoe confirme, à Dong Ha il était surnommé le Roi des Puces. Bud insiste, il ne comprend pas pourquoi les autres détenus ont obéi à un déserteur. Mais ils ne le savaient pas! Alors, comment Roscoe l'a-t-il su, lui ? Pourquoi le Roi des Puces le lui a-t-il dit ? Harm a deviné la réponse et il ne laisse pas Roscoe s'accuser lui-même : il explique à Bud que le Roi des Puces, c'est lui, Roscoe MARTIN, un déserteur. Bud est dégoutté et ne le cache pas. Roscoe se justifie : il était jeune et ne comprenait pas tout. Il croyait qu'en se laissant ainsi faire il pourrait parvenir à soulager un tant soit peu les souffrances de ses compatriotes, il a vu là une chance de se racheter. Harm lui demande comment il a pu rentrer puisqu'il était déserteur : de tous ceux qui auraient pu savoir, il est le seul survivant.

Il revient ensuite sur le douloureux épisode des Russes présents au camp et du choix si difficile qu'il semble avoir eu à faire. Roscoe raconte l'arrivée de quatre officiers russes dont un parlant anglais, la façon dont chaque prisonnier, malgré son état, a décliné son identité, son grade et sa spécialité dans l'armée. Mais les Russes ne s'intéressaient qu'à une catégorie d'entre eux, les pilotes de F4. En effet, Harm explique alors qu'ils étaient utilisés comme des leurres, on les appelaient les wild weasels ( belettes sauvages ). Ils étaient lancés, à bord de leur avion, à détecter les batteries SAM, ils obligeaient l'ennemi à les localiser et, une fois verrouillés, ils détruisaient la batterie avec leur propre missile. Roscoe MARTIN confirme et demande au capitaine si son père a fait partie de ces missions extrêmement dangereuses. Harm ne répond pas. Roscoe ajoute que, voulant contrecarrer cette technologie, les Russes cherchaient à entrer en contact avec ces pilotes, ils étaient trois retenus à Dong Ha et MARTIN les a donnés. Plus personne ne les a jamais revus. « Si tu veux garder tes amis ne les trahis pas ! » Roscoe connaît ce proverbe que lui cite Harm et c'est la raison de sa présence ici, aujourd'hui. Il présente ses circonstances atténuantes : le commandant du camp a d'abord menacé de tuer le tiers des prisonniers, puis il lui a laissé entendre que, s'il livrait ses camarades, les autres seraient emmenés dans un autre lieu de détention, moins dur, moins à l'étroit. Enfin, sous les yeux du Roi des Puces, il a exécuté un caporal d'une balle dans la tête. Roscoe pense que c'est ce qui l'a décidé à trahir mais il lui a encore fallu douze heures de tergiversation. Il a cédé, il l'a fait.

Harm cherche maintenant à rassurer l'homme, à dédramatiser la situation : il a fait un choix, le moins mauvais mais Roscoe l'interrompt pour achever l'horreur de son récit : dans l'heure qui a suivi le départ des Russes, le commandant a commencé à exécuter tous les prisonniers, par groupe de cinq. Aucun raisonnement n'était plus possible, l'homme avait atteint le comble de la folie. Roscoe MARTIN était tenu à l'écart et s'attendait à subir un traitement plus vicieux encore mais les vietnamiens l'ont laissé là, seul, libre. Il demande à Harm ce qu'il aurait fait...il ne sait pas. Lui a hurlé, hurlé qu'on le tue aussi. Puis s'ouvre un trou noir d'une vingtaine d'heures au cours desquelles il a erré dans la jungle avant d'être récupéré par un hélicoptère américain.

Oui, Li Trang, la victime de ce matin, dans Main Street, était bien le commandant du camp : sa présence a fait resurgir trente ans de souffrance et de culpabilité. Le couteau pénétrant le corps de l'homme a fait un bruit d'air, comme celui d'une cafetière : Roscoe a cru qu'il serait soulagé, enfin apaisé mais, non, rien. C'est la raison pour laquelle il est venu, il est là, il supplie Harm d'arrêter ce film !

Le capitaine est submergé par la compassion, il essaie de lui faire comprendre que ce n'est pas lui qui a tué les prisonniers, qu'il est temps, désormais, de tourner la page. Roscoe admet, veut bien essayer d'oublier....si Harm oublie son père ; il fait remarquer que leurs obsessions sont les mêmes, même si elles s'expriment différemment : Harm cherche un endroit que Roscoe n'a jamais pu quitter ! Mais Harm n'est pas prêt. Aujourd'hui, Roscoe Martin a trouvé sa vérité, lui n'a pas encore trouvé la sienne.

Le capitaine invite le lieutenant à aller chercher COSTER pour qu'il vienne prendre possession de Roscoe. A sa grande surprise, il demande à Bud d'indiquer au policier qu'il sera l'avocat du prévenu donc présent à tous les interrogatoires. Roscoe ne remercie pas, les deux hommes se contentent d'un hochement de tête approbatif. Il demande à son avocat combien il va prendre. La réponse est difficile à donner. Roscoe fait alors simplement remarquer que les chiens de Main Street vont lui manquer....

 

 

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